Flyer des ateliers d'écriture de Circé Piedecocq – "Envie d'écrire, de raconter, de partager ?" Un atelier par mois à partir de septembre 2025 à Argentat-sur-Dordogne et Saint-Paul (19150). Contact : ecriresourirel9@ilico.org – www.ecriresourirel9.fr

Femmes je vous aime !

Je voulais parler de l’écriture inclusive. En me plongeant dans les recherches, je me suis rendu compte que je ne pouvais aborder ce vaste débat sans évoquer celui, préalable, qu’a été la féminisation des noms de métiers. On pinaille pendant des années pour savoir comment on nomme qui, auteur, auteure, autrice ? Plus simple d’être journaliste. Pompier ou pompière ? Du moment qu’on éteint le feu et qu’on ne l’allume pas. Chef ou cheffe de rédaction ? Ou secrétaire tiens, qui désigne plusieurs postes sans que cela soit clair… Alors que le fond du problème, c’est la place des femmes, la langue n’étant que le reflet de cette place dans la société. Visible, invisible ? Si on la voit, on lui laisse du pouvoir ? Si on la nomme professeuse, comme c’était le cas au Moyen-Âge, la femme est plus dangereuse ?

Jusqu’au 17e siècle existaient les abbesses, papesses, enchanteresses, charpentières ou forgeronnes… et cela ne posait de problème à personne… enfin, faut croire que si, le mâle a eu besoin d’asseoir son autorité de bonhomme.

Si on ne peut nommer la fonction de la femme (alors qu’elle l’exerce !), on la fait un peu disparaître

Obéis, femme, et rends-toi utile, cuisinière, infirmière, sage-femme ou femme de ménage. Ces chers messieurs ont décidé que le masculin allait désormais l’emporter sur le féminin en grammaire et que ça serait vachement plus simple, plus noble surtout (dixit nos bons penseurs de l’Académie française fraîchement créée, 1635). Après tout, le mâle est supérieur à la femelle non ?

Cela va durer quelques siècles comme si cela avait toujours été ainsi, le mâle domine, l’État confirme et impose cette règle avec l’Instruction publique en 1882. Encore beaucoup aujourd’hui trouvent cela normal et on traite de féministes celles qui se battent pour apparaître dans la langue française. Le débat finit par s’imposer dans les années 1980, s’en suivent de longues discussions avant quelques faits. La première circulaire relative à la féminisation des noms de métiers date de 1986, la seconde est publiée plus de dix ans plus tard, 1998 ; en 1999 le CNRS crée un guide sur le sujet qui fait encore référence.

Ce n’est qu’en 2019 (!) que l’Académie française daigne écrire qu’il « n’existe aucun obstacle de principe à la féminisation des noms de métiers et de professions ». Aucun obstacle, c’est gentil, mais elle se refuse quand même à édicter des règles précises.

Cela dit, si c’est flou et compliqué cela reste dans la lignée du français

Pour écrire, on s’prend la tête ! Et la correctrice que je suis s’arrache régulièrement les cheveux, heureusement, j’en ai plein. Et je dis correctrice parce que je trouve ça plus joli que correcteur et que le débat sur le genre est tout autre, et puis selon la profession que j’exerce, je suis des règles et je fais des choix.

Ici par exemple, pour conclure, j’fais la maline, car ce qui m’anime, c’est faire des rimes ! Alors quand j’trouve que la vie n’est pas vaine et qu’on peut bien s’amuser avec les mots, j’suis, avec en main une p’tite verveine, écrivaine. Mais quand il s’agit de boire du bon vin, j’suis écrivain et ça me va très bien !

Par CIRCÉ PIEDECOCQ

Sources

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