En mars 2026, nous élirons nos conseillers municipaux. La communication va à coup sûr se concentrer sur les personnes qui vont se présenter. Va-t-on trouver des prétendants ? Et surtout qui sera élu maire ? Elle oubliera, comme aux élections de 2020 et aux précédentes, les projets des communautés de communes (com’com’).
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Pourtant, le jour des élections municipales, nous élisons aussi nos représentants communautaires.
Eh oui ! On s’en souvient rarement que les intercommunalités détiennent des compétences essentielles. Elles ont ainsi en charge, pour le compte des communes adhérentes : l’aménagement de l’espace (donc tout ce qui concerne l’urbanisme), la gestion des déchets, le développement économique, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) qui sont des compétences obligatoires. Beaucoup ont aussi une compétence sociale (politique en faveur de l’enfance et de la jeunesse, des personnes âgées et/ou handicapées par exemple), une compétence tourisme, une compétence culture, etc.
Les com’com’, un pouvoir local fort
Les actions qui seront mises en œuvre après mars 2026 dépendront très largement des choix votés par l’assemblée communautaire. Or, souvent, nos élus municipaux se défaussent par un « ah mais ça, ce n’est pas de notre ressort, c’est la com’com’ ». Comme si celle-ci et ses décisions venaient de nulle part, alors que chaque commune a un ou des représentants dans sa communauté de communes. Ainsi, en Xaintrie, tout le projet concernant les déchets, dont la mise en place de la redevance incitative, a été voté par la communauté de communes. Qui en avait entendu parler lors des élections précédentes ? Sur la com’com’ Ventadour-Égletons-Monédières, le PLUI1 (en partie annulé par le tribunal administratif), et tout le projet permettant l’expansion de Fargesbois entre autres, était un projet communautaire.
C’est le moment de poser des questions
Toutes ces décisions communautaires ne font, en général, l’objet d’aucun programme, d’aucun débat lors des élections municipales. Et, pourtant, ce sont vos futurs élus municipaux, dont le maire, qui vont les prendre.
Donc, lors des réunions publiques, n’oubliez pas ces décisions communautaires passées et celles envisagées. Questionnez vos futurs élus : quelles sont leurs priorités dans la communauté de communes ? Demandez-leur ce qu’ils pensent d’un pôle enfance et jeunesse ? Comment envisagent-ils la réflexion sur ce sujet ? Questionnez-les sur les projets en matière de déchets, d’urbanisme et d’eau. Questionnez les élus qui se représentent sur les projets en cours, demandez-leur si ces projets sont discutés et votés en conseil municipal. Et surtout, chassez le :
« on ne peut pas faire autrement ! »
Il est possible de changer la donne. De ne pas se retrouver avec des votes que nous n’avions même pas imaginés. Ainsi, en 2019, la communauté de communes des gorges de l’Ardèche a mis en place, après études et investissements, et ce malgré des oppositions citoyennes fortes, la redevance incitative et la modification des trajets pour l’enlèvement des déchets. Les élections municipales de 2020 ont changé la face du conseil communautaire : les nouveaux élus ont stoppé la mise en place.
Les communautés de communes ou d’agglo sont élues sans programme, ce qui est choquant. Le plus souvent, les habitants apprennent l’existence d’un projet une fois qu’il est décidé. Au mieux, ils sont consultés lors d’une grand-messe appelée réunion publique : les élus devant, les habitants en face.
Agissons, faisons en sorte que lors de ces élections communales, sur les projets actuels de nos communautés de communes qui nous impactent fortement, nos élus se positionnent clairement.
Note
1. Plan local d’urbanisme intercommunal.
Par MAMILALA
La Trousse Corrézienne DU LOCAL, DU LIBRE, DU BEAU, DE L'ECOLOGIE, DU DRÔLE, DU FRAIS