Non non ce n’est pas à cause de la canicule, c’est juste que c’est un beau merdier que voilà !Le communiqué de presse syndical fin juin appelant à une grève le jeudi 3 juillet nous a alertés, à La Trousse corrézienne. C’est chaud, et pour plusieurs raisons. Nous avons contacté deux responsables syndicaux pour en savoir plus…Depuis des années, les mésaventures s’accumulent : la gestion catastrophique du dernier directeur, remercié et parti légalement avec un pactole correct (contrairement à beaucoup de salariés qui n’ont pas cette chance, hein !), et aujourd’hui, solution facile pour remonter la pente : un magnifique plan social ciblant le tiers de la masse salariale de la structure.
Mais d’abord, c’est quoi Corrèze Habitat ? C’est ce qui remplace les anciens offices HLM1. C’est le 1er bailleur social en Corrèze, un office public de l’habitat, qui gère 4200 logements loués à des particuliers (à loyer modéré donc) et s’occupe un peu de rénovation, de démolition et de vente, quand c’est trop dégradé, ou pour faciliter l’accès à la propriété. Corrèze Habitat gère aussi divers types de structures : gendarmerie, EHPAD2, foyer de personnes âgées non médicalisé…
Le 3 juillet, la grève dénonçait le plan social proposé, indique un responsable syndical.
« En gros, l’ancien directeur a fait n’importe quoi pendant deux ans et demi (le conseil d’administration n’a jamais moufté officiellement, malgré les signes avant-coureurs financiers) et les salariés trinquent ! »
Reprenons les éléments de l’histoire. En mars 2025, la centaine de salariés est convoquée, ils sont informés des 5 millions d’euros de déficit, et le nouveau directeur leur propose deux solutions : un plan social – un chèque et une rupture conventionnelle – ou la fusion avec un autre organisme…
« Si l’on veut remonter à l’origine du déficit, il suffit de donner quelques exemples de « façon de faire » du directeur précédent, qui avait une forte tendance à n’avoir confiance en personne, donc voulait tout gérer tout contrôler voire signer lui-même les bons de commande signés avec des entreprises pour des travaux de rénovation. » Pour 4200 logements ? Résultat : des retards incroyables, dans des petits comme des gros travaux (volets roulants en panne pendant six mois, toilettes bouchées demandant plusieurs interventions avec des devis et dépenses qui se répétaient…), bonjour pour la vie courante des locataires ! Sur les 5 millions de déficit, 2 millions étaient des retards de paiement de loyers, de personnes physiques et morales (certaines structures citées plus haut).
Et, dixit une syndicaliste :
« Dans ces 5 millions, près de 200 000 euros seraient des provisions pour des frais de justice aux prud’hommes à venir, avec des affaires de gestion tordue aux dépens de salariés… »
En outre, l’Office affichait 18 % de taux de vacance, c’est à dire de logements non loués, « ce qui est trop important. Encore une histoire de mauvaise gestion, en effet, quand un locataire partait, c’était par exemple des bons de commande de petits travaux de réfection qui attendaient 3, 4 ou 5 mois avant d’être signés ! Et donc des retards de disponibilité des appartements pour de futurs locataires… »
Le nouveau directeur semble reprendre les choses en main, tous les mois il y a plus d’entrants que de sortants…
La grève a été bien suivie (80 %), les négociations et le dossier sont en cours. Affaire à suivre à la rentrée !
Par GRAUVAIN BOUCHONNET
Notes
1. Habitation à loyer modéré.
2. Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.
La Trousse Corrézienne DU LOCAL, DU LIBRE, DU BEAU, DE L'ECOLOGIE, DU DRÔLE, DU FRAIS