Violences systémiques

J’ai un ami qui est sorti du RSA (revenu de solidarité active) pour un CDI… d’AESH. C’est chouette mais c’est seulement une galère différente. On sait que ce métier est très précaire, sinon on regarde la vidéo de François Ruffin de mars 2025, mais ce n’est pas mon sujet. Mon sujet, ce sont les bugs de l’administration qui s’accumulent sur sa tête, au point qu’il doit constamment veiller à les corriger pour maintenir ses droits et empêcher l’administration d’exiger de lui des remboursements. On voudrait presque ne jamais avoir inscrit son nom dans ce système devenu à double tranchant. Sauf que selon le Code civil (art. 55), cette entrée dans le système est obligatoire dès la naissance.

Est-ce bien raisonnable ?

En vrac, quelques situations ubuesques :

  1. Il est donc nouvellement embauché à l’Éducation nationale. Il reçoit des courriels professionnels sur une adresse professionnelle du type prenom.nom@entité.fr dont il ne connaît pas l’existence… Une personne en copie de ces courriels l’oriente vers une autre personne dite référente, qui l’oriente à son tour vers une plateforme pour finalement obtenir son mot de passe. En 17 jours de travail, il en avait déjà reçu 17 !
  2. Quelques jours après son embauche, il reçoit un courrier évoquant l’insuffisance de ses démarches de recherche d’emploi ! Il avait pourtant bien déclaré sa prise de poste à deux personnes chez France Travail, son conseiller emploi et sa conseillère indemnisation, précisément pour vérifier si ses aides allaient le maintenir au moins au même niveau de vie qu’avant, ce qui reste à confirmer…
  3. Étant également accompagné dans son projet de création d’entreprise, il se rend, à la demande de France Travail, à un rendez-vous avec BGE (anciennement Boutiques de Gestion, réseau national d’aide aux entrepreneurs). Le rendez-vous se révèle être une tentative de découragement par un contrôle externe de la viabilité de son projet, appelé dispositif « Creascope ». Aucun accompagnement. BGE n’apporte aucune valeur ajoutée à son projet alors qu’il le juge viable, mais sans aucun écrit, sans analyse financière pour le renforcer, ni de signature… BGE a accepté la sous-traitance du flicage pour l’argent.
  4. Enfin, la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) lui a demandé des informations quant à une aide financière octroyée pour des dépenses de santé en médecine complémentaire (sous-entendu à rembourser si ces informations n’étaient pas convaincantes), alors que ce montant d’aide avait déjà été presque entièrement versé directement au praticien depuis trois mois, sur justificatifs.

Combien de souffrance et de temps passé à corriger ces « erreurs » du système ! Qui en est le véritable responsable ? Est-il sanctionné ?

Pour aller plus loin :

Le documentaire d’OFF investigation sur France Travail :

Par THOMAS JOURNEL

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