Jeudi 8 mars, journée de la femme, qu’ils disent. Grr, que cette appellation peut me faire rager, moi qui me souvenais de mes manifs du 8 mars, fin des années 70. 8 mars journée des LUTTES de femmes, Grr, alors j’ai voulu aller à l’histoire !
Temps 1 : analyse des sites ouverts après ma recherche : d’abord c’est pas journée de la mais des femmes (le minimum). Ensuite, c’est journée internationale des femmes au pire (ONU), des droits des femmes pour le centre, des luttes des femmes (je le retrouve !) pour les militantes.
Temps 2 : et l’histoire là-dedans ma brave dame ? Je lis « La date est réinvestie avec le regain féministe des années 70 […] La journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations Unies en 1977, puis en France en 1982 »1. Ah, ah, la date est réinvestie, c’est donc qu’elle existait. Elle est reconnue officiellement par l’ONU en 1977 et la France en 1982 (toujours un temps de retard). Donc oui, j’ai bien participé à des manifs non officielles ! C’est le « regain féministe des années 70 », voilà, c’était le regain, c’est pour ça qu’on était si joyeuses, ça sentait l’herbe. On y allait, des femmes seulement. Se souvenir qu’à ce moment on est un peu sexiste, réaction normale de la position ressentie comme dominée, on n’a pas très envie qu’on nous dise ce qui est bien et puis l’heure est à l’analyse marxiste de l’exploitation de la femme, et ça rigole pas avec l’exploiteur.
OK mais avant, alors ?
J’avais compris : ça commémore les luttes des femmes, et nous met l’allant pour en faire d’autres. Certes mais quoi avant ?
Retenir le mot « regain féministe » : la revendication va et vient et se repose. Et le début du 20ème siècle est riche en revendications féministes : on a en mémoire les suffragettes (exigence du droit de vote. Mais de quoi je me mêle !) Mais pas que. La fin du 19ème et le début du 20ème sont riches de mouvements sociaux traversés par des revendications féministes : droit de vote, mais aussi revendications concernant les conditions de travail, l’éducation… La fin d’un siècle et le début de l’autre sont traversés, violemment, par les rapports de classes2. Dans les luttes des femmes se retrouvent des issues d’aisés, et des issues d’exploités. Une première journée de la femme, est décidée par le parti socialiste américain (eh oui, il a existé, relire absolument Jack London) le dernier dimanche de février. Et puis « À Copenhague (Danemark) en août 1910 a lieu la 2ème conférence internationale des femmes socialistes qui réunit des centaines de femmes venues de 17 pays. […] Clara Zetkin propose, pour la première fois, que les femmes socialistes de tous les pays organisent tous les ans une journée des femmes qui servira en premier lieu la lutte pour le droit de vote des femmes. »1. L’idée est clairement de marquer le mouvement et de le démarquer des féministes bourgeoises. La première journée aura lieu le 19 mars 1911 et réunira un million de femmes en Europe. Quelques années plus tard, 8 mars 1917, les femmes russes manifestent contre les pénuries violentes que subit la Russie et c’est aussi le début de…
8 mars, date retenue par Lénine en 1921, puis par les pays de l’est comme on disait alors, puis par le monde.
C’est certes marqué, mais oublié. En tous cas, messieurs et dames journaleux, arrêtez de nous gaver en ce 8 mars de femmes qui font juste un métier qu’on pense d’hommes. Parlez nous de droits, parlez nous de luttes !
1 – http://8mars.info/histoire/
Mamielala





