Le 13 novembre 2025, alors que la COP30 battait son plein, le tribunal administratif de Limoges statuait pour autoriser la reprise de ce chantier et rejeter le référé-suspension déposé par le collectif Alouettes 147 qui dénonce son coût, son inutilité, ses dégâts environnementaux, son déni de démocratie (voir La Trousse no55). Dans un communiqué de presse publié le même jour, le collectif annonce qu’il prend acte du référé mais annonce que « le combat ne fait que commencer pour un projet révoltant qui bafoue le droit et la volonté populaire. »
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Un projet rejeté par tous
Le projet est rejeté par tous. Une coalition citoyenne inédite (chasseurs, associations environnementales, monde économique, riverains, élus locaux de Couzeix et Nieul) opposée à ce projet partage le même constat : « Ce projet ne résout aucun problème de sécurité. Il ne sert qu’à détourner des fonds publics qui manqueront cruellement pour traiter les vrais points dangereux sur le nord de la RN147, au niveau de Bellac. » Les solutions d’aménagement moins coûteuses et moins dévastatrices pour l’environnement local présentée par le collectif pour sécuriser la circulation n’ont pas été étudiées. Le coût exorbitant du projet (132 millions d’euros, soit 20 millions par kilomètre) pour gagner 55 secondes répond davantage à des intérêts privés et d’affichage politique. Son utilité publique n’est pas justifiée.
Un projet illégal
Tout aussi grave, la poursuite de ce projet est illégale. « La préfecture a elle-même violé les prescriptions de sa propre autorisation environnementale à deux reprises moins de deux mois après le début des travaux, a lancé en urgence une nouvelle phase de déboisement, intervenant après la date butoir du 31 octobre, qui avait pour but de limiter l’impact sur les espèces protégées. » De plus, la logique de la séquence « Éviter-Réduire-Compenser » inscrite dans la loi se retrouve inversée ! Les mares destinées à compenser la destruction d’habitats amphibiens protégés sont programmées avant la fin de l’hiver 2025, après le début des défrichements, alors que l’étude d’impact exigeait qu’elles soient créées avant le début des travaux (deux ans si possible).
La décision du tribunal administratif ne peut donc pas marquer la fin du combat. Une bataille juridique va être lancée pour qu’un procès sur le fond ait lieu.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Un appel solennel à une mobilisation massive des citoyens limousins est lancé pour établir un rapport de force démocratique. Un premier rendez-vous a été donné sur le site pour une balade et une replantation symbolique d’arbres le dimanche 30 novembre. Les élus décideurs sont appelés à se reconnecter au réel en venant sur place découvrir l’ampleur du désastre et comprendre que la volonté populaire ne peut plus être ignorée : ce sont notre territoire, notre environnement et nos finances publiques qui sont en jeu.
Contact : 2x2voies@gmail.com
Note
1. Condensé du communiqué de presse du collectif Alouettes 147.
Par ELSE
La Trousse Corrézienne DU LOCAL, DU LIBRE, DU BEAU, DE L'ECOLOGIE, DU DRÔLE, DU FRAIS