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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 56 · 3 septembre 2026

Les journaux locaux et indépendants sanctionnés : après La Trousse, IPNS

Illustration de l'article sur les journaux locaux sanctionnés avec le slogan "A l'encre, citoyen.ne.s !" – symbole de l'engagement citoyen pour une presse libre et indépendante.

En 2024, La Trousse corrézienne s’est vue supprimer sa subvention du Fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité (FSMISP). On lui reprochait un modèle économique fragile… comme si, justement, les aides à la presse n’étaient pas faites pour soutenir un secteur par nature précaire. C’est du reste pour cette raison que quasiment toute la presse (régionale, nationale, quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou trimestrielle) reçoit des subventions de l’État, que le média soit porté par une petite association ou possédé par un très riche milliardaire !

IPNS privé de subvention

En 2025, c’est au tour d’IPNS, le journal d’information et de débat du plateau de Millevaches, de subir la même mésaventure. Là encore les services de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invoquent un « budget tout juste à l’équilibre » (quoi ? Il faudrait générer des excédents ? Dans ce cas pourquoi aller demander une subvention ?) et une absence de projet de développement (en 2024 IPNS avait présenté un plan de financement débouchant sur du salariat et un développement du média, mais c’était manifestement prématuré). Bref : plus de subvention, d’un montant par ailleurs assez modeste de 3500 €.

Quand on sait qu’avait eu lieu en 2023, une tentative de ne subventionner ni La Trousse, ni IPNS, ni Télé Millevaches, en « oubliant » de présenter leurs dossiers à la commission du FSMISP ; quand on se rappelle que déjà en 2022, un blocage de la subvention pour les mêmes s’était produit au niveau de la préfecture de région ; quand on sait ce qui se passe dans le monde associatif où de plus en plus d’associations sont sanctionnées pour des raisons politiques au nom du Contrat d’engagement républicain que toutes pourtant ont signé… On ne peut que douter des propos qui se veulent rassurants de la DRAC selon lesquels sa décision est purement technique et financière et, ajoute-elle, « en-dehors de toute implication préfectorale ». Mouais…

Défiance

Cette décision, qu’on ne peut considérer que comme une sanction, ne nous étonne guère en réalité. Elle incarne, de manière concrète et opérationnelle, les propos d’acteurs politiques qu’on a entendu ces dernières années.

Un sénateur LR du Tarn-et-Garonne à propos de la Ligue des droits de l’homme : « Il faut cesser de financer des associations qui mettent en cause gravement l’État ».

Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, lui répondant : « Effectivement, ça mérite d’être regardé. »

Un député RN de l’Oise à propos des radios associatives : « Dans ce monde cohabitent des stations tout à fait honorables et nécessitant un soutien, mais aussi d’autres qui peuvent tenir à l’antenne des propos hors du champ républicain. Il serait nécessaire de faire le tri ».

Rachida Dati, ministre de la Culture, lui répondant : « Vous avez raison, ces 750 radios ne sont pas toutes de même qualité et de même niveau, et parfois de la même nécessité. Je suis assez favorable à ce qu’on mette des critères de contrôle » (comme s’il n’y en avait pas déjà…).

On l’aura compris, la défiance des pouvoirs publics vis-à-vis des associations est réelle. Nous en payons aujourd’hui les frais.

Par MICHEL LULEK

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

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