
Emmanuel Macron se prétend progressiste, et stigmatise volontiers ceux qu’il désigne comme populistes ou conservateurs. Il se donne ainsi le beau rôle et instrumentalise ces notions à des fins électorales. Pourtant, si on analyse son idéologie et sa politique, nous pouvons tirer une toute autre conclusion de son orientation.
Conservateur, populiste, réactionnaire, autant d’anathèmes visant à discréditer l’adversaire politique et de désignations piégées destinées à duper le citoyen. Si je suis cette logique, j’y ajoute avec plaisir progressiste, tant, lorsque l’on constate ce qu’inclut aujourd’hui cette idéologie (la reproduction artificielle de l’humain, l’emprise technologique, etc.), il ne fait pas bon à mes yeux s’en revendiquer.
Mais, à proprement parler, qu’est être progressiste ? N’est-ce pas, en simplifiant, faire progresser les sociétés vers davantage d’harmonie, l’humanité vers un bien-vivre ?
Par quels moyens ? Au-delà d’un certain niveau de confort matériel, seules les avancées sociales – au sens large (égalité des conditions, éducation, culture, etc.) – sont sources de progrès réel. Il faut bien sûr éviter les dégradations ou régressions dans d’autres domaines.
Que font Macron, son gouvernement et sa majorité parlementaire ?
Sur les plans économique et social, actant le triomphe de la rationalité économique sur la raison sociale et la victoire de la pensée économiste sur le gouvernement politique, deux caractéristiques du néolibéralisme, les macronistes :
– prolongent l’orientation des politiques économiques menées durant les précédentes décennies, tous gouvernements confondus, et s’avèrent donc conservateurs.
– détruisent méthodiquement les progrès sociaux antérieurs, accentuent les précarités et les inégalités, accroissent les servitudes marchandes et les mesures sécuritaires, donc apparaissent même réactionnaires1.
Outre leur dévotion aux thèses néolibérales, ils semblent ne considérer que les progrès matériels et technologiques. Or, non seulement les conditions matérielles d’existence en France sont satisfaisantes pour une immense proportion de la population et leur augmentation nuirait davantage à l’écosystème, mais aussi nous percevons de plus en plus concrètement que les progrès technologiques – le numérique particulièrement – nous contraignent. Je conteste souvent la dimension progressiste des évolutions technologiques car elles sont sources de dépossession et vont donc à l’encontre de l’émancipation.
Selon ces considérations, lesdits progrès s’avèrent nuisibles ; le progrès macronien ressemble donc à un regrès.
Il ne suffit pas de se prétendre progressiste ; il faut le prouver.
Le progrès que je défends est celui défini par la devise de la République : la liberté, l’égalité et la fraternité. Donc, l’accroissement de l’émancipation, de la démocratie, etc. Mais ces gens-là considèrent visiblement que les régressions en ces domaines se justifient et n’invalident pas leur discours pro-progrès. « Ça ose tout » disait l’autre…
Si nous considérons d’une part cette devise et d’autre part les régressions sociales imposées et la féroce répression d’État contre les contestataires (liste non exhaustive), la macronie s’avère essentiellement réactionnaire : anti-liberté, anti-égalité, anti-fraternité. Si on ajoute à cela l’évidente caractéristique anécologique, la coupe est pleine !
Macron vante l’innovation (nouveau nom restrictif du progrès) et la « disruption » sans interroger leur contenu. Ce progressisme consiste uniquement à suivre le mouvement sans questionner sa finalité, laquelle n’existe pas, ou plus. Seules comptent la fuite en avant, la soumission à l’économie et au dogme technophile.
Au sujet de la macronie, nous pourrions évoquer, en s’inspirant de celle d’écologie intégrale, la notion de libéralisme intégral, c’est-à-dire concernant tous les domaines. Or les humains ne font société que par les régulations qu’ils mettent en œuvre. Macron – et le néolibéralisme – a le projet insensé de mettre en place ce qu’il considère comme un progrès sur des bases qu’il détruit lui-même. L’humain devient alors un rouage de ce soit-disant progrès, non sa finalité. Il est broyé.
Nous avons affaire à des individus d’un autre temps, obscurantistes, à tendance totalitaire, que certains, nombreux quoi que minoritaires, ont permis d’accéder au pouvoir. Qu’ils soient jugés, pourrais-je conclure de façon mordante !
Notes de bas de page :
1 – Le petit Robert définit la réaction partiellement comme un « mouvement d’idées, [une] action qui s’oppose au progrès social ». Sans doute n’ai-je pas à faire la démonstration que Macron s’oppose au progrès social…
Explications :
→ J’ai pris en compte la plupart des petites modifications surlignées en jaune (mise au pluriel justifiée, etc.).
→ « qu’est-ce être progressiste ? » Je pense que « qu’est être progressiste ? » n’est pas incorrect et qu’il n’est pas utile d’écrire « qu’est-ce être progressiste ? »
→ « Ça ose tout » : je me suis dit que cette citation parlait à la plupart d’entre nous et qu’il était inutile d’insister sur le fait que je les traite de cons. C’est presque devenu du langage courant et la formule « comme disait l’autre » me semble signifier cela. → Je préfèrerais laisser tel quel sauf s’il vous paraît nécessaire d’ajouter une note qui pourrait laisser penser au lecteur qu’on le prend pour un ignorant.
→ Est-il vraiment utile d’alourdir avec une définition du terme « disruption » ?
→ « Au sujet de la politique de Macron » me propose-t-on, à la place de la macronie. La macronie ne s’inscrit-elle pas dans la même logique que Macron, comme le mot l’indique ? → Je maintiens sauf si vous tenez vraiment à ce changement.
→ À la fin, « ont permis d’ fait accéder au pouvoir. » Ma formulation me paraît plus juste car l’élection résulte d’une volonté commune de l’élu et de la majorité des électeurs. Les électeurs n’auraient pas fait accéder Macron au pouvoir si lui-même n’avait pas été candidat. Il lui ont permis d’y accéder. → Je maintiens donc.
→ En note : 1 – Ce sont des termes piégés piégeurs tant qu’on ne les a pas définis. Lorsqu’ils sont employés comme anathèmes, ils ne doivent plus duper personne, même si j’en fais usage dans ce texte pour contrecarrer les représentations de l’ennemi.(* un anathème est « une condamnation publique; blâme sévère, solennel » selon le Larousse, cela serait peut-être mieux de mettre la définition de ce mot plutôt que ce que je viens de surligner?) → Je ne comprends pas en quoi insérer la définition de « anathème » remplacerait la première partie de ce qui est surligné. Mais cette remarque est sans effet puisque dans la dernière version envoyée le 13 février, la remarque « même si j’en fais usage […] » n’est pas présente.
Emmanuel Macron se prétend progressiste, et stigmatise volontiers ceux qu’il désigne comme populistes ou conservateurs. Il se donne ainsi le beau rôle et instrumentalise ces notions à des fins électorales. Pourtant, si on analyse son idéologie et sa politique, nous pouvons tirer une toute autre conclusion de son orientation.
Conservateur, populiste, réactionnaire, autant d’anathèmes visant à discréditer l’adversaire politique. Si je suis cette logique, j’y ajoute avec plaisir progressiste, tant, lorsque l’on constate ce qu’inclut aujourd’hui cette idéologie (la reproduction artificielle de l’humain, l’emprise technologique, etc.), il ne fait pas bon à mes yeux s’en revendiquer 1.
Mais, à proprement parler, qu’est-ce être progressiste ? N’est-ce pas, en simplifiant, faire progresser les sociétés vers davantage d’harmonie, l’humanité vers un bien-vivre ?
Par quels moyens ? Au-delà d’un certain niveau de confort matériel, seules les avancées sociales – au sens large (égalité des conditions, éducation, culture, etc.) – sont sources de progrès réels. Il faut bien sûr éviter les dégradations ou régressions dans d’autres domaines.
Que font Macron, son gouvernement et sa majorité parlementaire ?
Sur le plan économique, les macronistes accentuent l’orientation des politiques menées durant les précédentes décennies, tous gouvernements confondus, et s’avèrent donc conservateurs.
Sur le plan social, en détruisant méthodiquement les progrès antérieurs, en accentuant les précarités et les inégalités, en accroissant les servitudes marchandes et les mesures sécuritaires, ils apparaissent même réactionnaires 2.
Outre leur dévotion aux thèses néolibérales, ils semblent ne considérer que les progrès matériel et technologique. Or, non seulement les conditions matérielles d’existence en France sont satisfaisantes pour une immense proportion de la population et leur augmentation nuirait davantage à l’écosystème, mais aussi nous percevons de plus en plus concrètement que les avancées technologiques – le numérique particulièrement – nous contraignent. Je conteste souvent la dimension progressiste des évolutions technologiques car elles sont sources de dépossession et vont donc à l’encontre de l’émancipation.
Selon ces considérations, lesdits progrès s’avèrent nuisibles ; le progrès macronien ressemble donc à un regrès.
Il ne suffit pas de se prétendre progressiste, il faut le prouver.
Le progrès que je défends est celui défini dans la devise de la République : la liberté, l’égalité et la fraternité. Donc, l’accroissement de l’émancipation, de la démocratie, etc. Mais ces gens-là considèrent visiblement que les régressions en ces domaines se justifient et n’invalident pas leur discours pro-progrès. « Ça ose tout » disait l’autre…(*une note de bas de page peut-être? Peut-on citer sans faire référence à l’auteur?)
Si nous considérons d’une part cette devise et d’autre part les régressions sociales imposées et la féroce répression d’État contre les contestataires (liste non exhaustive), la macronie s’avère essentiellement réactionnaire : anti-liberté, anti-égalité, anti-fraternité. Si on ajoute à cela l’évidente caractéristique anti-écologie, la coupe est pleine.
Macron vante l’innovation (nouveau nom restrictif du progrès) et la « disruption »(*peut-être peut-on définir ce mot?) sans interroger leur contenu. Ce progressisme consiste uniquement à suivre le mouvement sans questionner sa finalité, laquelle n’existe pas, ou plus.(*le point peut arriver à mon sens après finalité, c’est un peu prophétique de dire qu’il n’y a pas de fin!) Seules comptent la fuite en avant, la soumission à l’économie et au dogme technophile.
Au sujet de la politique de Macron, nous pourrions évoquer, en s’inspirant de celle d’écologie intégrale, la notion de libéralisme intégral, c’est-à-dire concernant tous les domaines. Or les humains ne font société que par les régulations qu’ils mettent en œuvre. Macron a le projet insensé de mettre en place ce qu’il considère comme un progrès sur des bases qu’il détruit lui-même. L’humain devient alors un rouage de ce soit-disant progrès, non sa finalité. Il est broyé.
Nous avons affaire à des individus d’un autre temps, obscurantistes, à tendance totalitaire, que certains, nombreux quoi que minoritaires, ont permis d’ fait accéder au pouvoir. « Qu’ils soient jugés ! », pourrais-je conclure avec une ironie mordante.
Notes de bas de page :
1 – Ce sont des termes piégés piégeurs tant qu’on ne les a pas définis. Lorsqu’ils sont employés comme anathèmes, ils ne doivent plus duper personne, même si j’en fais usage dans ce texte pour contrecarrer les représentations de l’ennemi.(* un anathème est « une condamnation publique; blâme sévère, solennel » selon le Larousse, cela serait peut-être mieux de mettre la définition de ce mot plutôt que ce que je viens de surligner?)
2 – Le petit Robert définit la réaction comme un « mouvement d’idées, [une] action qui s’oppose au progrès social ». Sans doute n’ai-je pas à faire la démonstration que Macron s’oppose au progrès social…
Christophe Gibiat



