Couverture du livre Les recettes de Madame Chang au marché sur fond bleu, avec illustration d’un marché.

Fait maison

Comment le livre de recettes du marché de Madame Chang se fait-il l’écho du philosophe Alain Deneault ? Comment s’engager politiquement dans cette ère de destruction inouïe ? « Par l’action » répond-il. Et bien c’est ce que fait Mme Chang avec son livre de recettes chinoises.

Nous avons à Tulle depuis le printemps un nouveau restaurant face à la gare, elle s’y est installée. Petit lieu, on ne peut encore s’y asseoir, mais sur une étagère se vend le fameux livre de recettes écrit par notre Taïwanaise d’adoption. Ancienne libraire, elle a décidé de militer par la cuisine. Mme Chang a commencé par vendre ses délicieux plats sur le marché de Meyssac et de Tulle. Si on ne peut s’asseoir pour manger chez elle, et bien, qu’à cela ne tienne, elle nous conseille avec malice d’aller déguster ses plats confortablement assis à une table dans la chaleureuse médiathèque voisine. Ce n’est pas là son moindre paradoxe.

Mme Chang est généreuse, elle transmet ses secrets pour réussir sa cuisine. Comment réchauffer à la vapeur, couper les légumes, la viande. Les recettes sont simples et le livre propose des produits de substitution s’il n’y a pas les originaux à notre disposition, par exemple la maïzena pour remplacer la farine de tapioca ou la vodka pour l’alcool de riz.

Aussitôt à la maison, j’ai préparé une recette et en 10 minutes elle reposait dans l’assiette. C’était facile, simple, réussi ! Ce n’était pas le premier ouvrage de cuisine chinoise acheté, mais cela sera le premier gardé !

Ce livre est une proposition à résister. Mme Chang l’a conçu pour rendre hommage au marché : « Le marché est un refuge ». Tous ses fournisseurs sont locaux, elle les nomme et témoigne comment Nacer, éleveur de volailles de qualité, a dû cesser son activité sous les pressions des services sanitaires après un épisode de grippe aviaire.

L’implication de cette militante à changer le monde se poursuit par l’enseignement aux élèves de terminale. Elle souhaite que les jeunes apprennent à cuisiner. « Cuisinons ! C’est une des meilleures solutions pour l’environnement, nos petits agriculteurs et notre santé. »

    Par DIANE BARATIER

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.