
Le discours de Patrick Viveret porte sur des questions qui fâchent. Le travail, par exemple. Si vous pensez encore qu’il est facteur de lien social, d’intégration, de cohésion sociale, Patrick Viveret vous démontre, arguments à l’appui, qu’il n’en est rien.
Avec le capitalisme industriel, le travail est devenu une marchandise… Et en définitive, il est légitime de se demander ce que l’on fait de sa vie et non ce que l’on fait dans sa vie.
Cette analyse prolonge celle d’André Gorz qui parle de révolution culturelle parce qu’on ne veut plus « d’un gagne-pain »… Il n’y a pas que le travail rémunéré. Avec la richesse actuelle, on pourrait avoir « plusieurs vies dans sa vie ». Cette approche globale le conduit à penser que le syndicat de travailleurs est une forme périmée, c’est un syndicat de citoyens qui devient indispensable.
Viveret ne nous épargne pas. Il fait appel à notre vigilance pour sortir du magma idéologique dans lequel on peut facilement se laisser engluer : l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme ! Mais là, il va nous falloir faire appel à l’utopie, au sens de : « ce qui n’a pas encore été essayé » !
Alors, hâtons-nous d’entrer dans une réflexion sans frilosité sur l’Amour, le Bonheur et le Sens, ce que Viveret appelle l’ABS, mais aussi la construction de dynamiques de force et non de rapports de force…
Jeanne Wachtel





