
Dans un lycée du nord de la Corrèze, un « incident » a eu lieu en début d’année 2026, à l’internat. Les pompiers sont intervenus et il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’un drame ne survienne.
Un élève a subi une tentative de strangulation, dans sa chambre, par des « camarades ».
Ce n’était pas la première fois qu’ils s’amusaient, si on peut appeler ça un jeu, « le foulard, un grand classique ». Le jeune avait insisté pour rejoindre cette chambre avec les copains et eux s’amusaient à l’étrangler, et ils se permettaient de filmer les séances (les images montrent qu’il tombait à la fin de chaque torture). Et un soir, ils y sont allés un peu trop fort, et le surveillant, en faisant sa ronde, a fini par s’apercevoir que le gamin était mal en point et présentait de vilaines traces au cou (l’élève portait des cols roulés depuis quelques temps) et les pompiers ont été appelés. Direction l’hôpital.
La victime a été déscolarisée (les infos sont de mi-mars), les harceleurs et les témoins-filmeurs présents dans la chambre ont été exclus définitivement de l’établissement ; la question des suites judiciaires est à l’étude.

Un parent d’élève est allé rencontrer le directeur :
« – Quelle suite, quelles réponses ?
– Ah, on n’a pas laissé passer, on a sanctionné…
– D’accord mais quel accompagnement ?
Silence de quelques secondes.
– Pour les autres ? insiste le père. Vous n’avez pas organisé un temps pour verbaliser, voir s’il n’y avait pas de gamin traumatisé ? Les autres gamins ont compris ? Ils vont bien ?
– Ah oui, peut-être que… je ne l’avais pas envisagé comme ça… »
La CPE (conseillère principale d’éducation) était présente également… Le père est resté sur sa faim, consterné.
Aucune action quant à l’organisation de débats avec les autres élèves ! De véritables groupes de parole en petit comité pour que tous et toutes puissent s’exprimer, réfléchir sur le goût du risque et le besoin de reconnaissance et d’intégration dans un groupe d’ados, les pratiques violentes et morbides et les limites en ce qui concerne la violence physique ! Encore une fois, un dysfonctionnement et une conclusion insuffisante (voir dans La Trousse n° 56 « L’égalité filles-garçons : mais encore ? ») – la punition et la sanction. Et quels développements en ce qui concerne l’accompagnement et le suivi d’adolescents, les phénomènes de groupe, la prévention et l’apprentissage de la vie collective, la co-construction des relations sociales à l’heure des images et des réseaux sociaux ?
Par CRISSS




