
L’ancien maire de Sainte-Féréole, Henri Soulier, vient de céder sa place, après plus de trente années qui ont vu le bourg se transformer de commune rurale en cité-dortoir des environs de Brive. Patricia Buisson, une proche de Pascal Coste qu’il a désignée comme sa successeure, s’est placée dans sa lignée. Et a été élue haut la main.
Élue sur une campagne d’austérité, revendiquant une gestion à l’économie, à l’exemple d’Henri Soulier.
Pourtant, la presse locale vient de révéler que les méthodes de gestion de l’ancien maire sont bien loin du choix d’économies et lui valent un procès au pénal pour favoritisme quant à l’attribution d’un onéreux chantier public (« Affaire du chantier de l’IFSI à Brive : un procès pour délit de favoritisme fixé en juin », La Montagne, 26 mars 2026).
La passation de pouvoir entre M. Soulier et Mme Buisson se cristallise notamment autour de l’aménagement d’une place Jacques Chirac, débutée sous le mandat de l’un et achevée sous le mandat de l’autre, dont le point d’orgue est la mise en place d’une statue grandeur nature de Jacques Chirac estimée à plus de 130 000 €. Toutefois, les conditions de choix et d’achat de cette statue, qui apparaît comme une dépense somptuaire, restent à ce jour opaques.
L’actualité judiciaire de M. Henri Soulier permet toutefois d’espérer une totale transparence autour de cette importante dépense d’argent public.
D’autant que pour faire l’événement autour d’une place Jacques Chirac, la mairie a débaptisé la place Pierre Chaumeil, du nom d’un Résistant né à Sainte-Féréole. Cette place avait reçu le nom de cet enfant du pays, membre actif de la Résistance, arrêté par la Gestapo puis torturé et fusillé à Brive en juillet 1944.
Mais visiblement peu importe cet hommage, tant que tenter de créer une actualité autour de la figure de l’ancien Président permet de justifier la création d’un coûteux élément décoratif à son effigie. Tout un symbole.
Et cette actualité Chirac ne rapportera rien pécuniairement à la commune, pour rester sur l’argumentation favorite de M. Soulier ou de Mme Buisson, puisque le bourg est moribond économiquement, les commerces ayant disparu sous l’ère Soulier.
Aucun restaurant ou aucune boulangerie par exemple ne pourront accueillir d’hypothétiques touristes attirés par l’édification d’une statue imposée par la municipalité.
Reste une importante dépense dont l’utilité paraît pour le moins discutable, surtout lorsque l’on use d’un discours revendiquant la nécessité d’économies auprès de la population.
Par MARC DACIER




