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La Trousse Corrézienne

Local, LTC 9 · 4 novembre 2016

Quartier rouge

Quartier rouge, à Felletin

Quelles sont ces petites associations qui oeuvrent en parallèle ou avec de plus grandes structures, à la diffusion de l’art en milieu rural? Quel genre de carte pourrions-nous tracer le long de nos verts chemins limousins, d’initiative en initiative, de projet en projet, d’utopie en utopie : telle serait l’idée de cette série d’articles sur ces structures soutenant, diffusant ou produisant des projets culturels et artistiques sur ce territoire.

Pour commencer allons à Felletin où Quartier Rouge, né en 2006 à l’initiative d’artisans, d’entrepreneurs et d’artistes installés dans le quartier de la gare et tous réunis par le désir d’insuffler à ce quartier une dynamique sociale, citoyenne et insolite avec pour terrain de jeu, de réflexion et de rencontre : la création artistique. Depuis lors et en dépit d’un soutient réel tout autant qu’aléatoire et précaire des pouvoirs publics (ville de Felletin, Drac, Comcom, Région et, non, pas le Département qui ne finance plus les activités culturelles…) et de mécénat, Quartier Rouge, petite structure d’une salariée fixe, d’un emploi intermittent, et de deux indépendantes, coordonnée par Pomme Boucher, se veut être une plate-forme de production, de diffusion, de relais et de médiation artistique, soutenant et stimulant le travail d’artistes questionnant notre rapport à la mémoire des lieux, à la notion de territoire, d’appartenance, à l’appropriation des espaces communs. Par ces projets aux formes aussi variées qu’étonnantes l’association implique les publics des EHPAD, lycées, étudiants, écoles, population locales par des ateliers participatifs, des projections, des expositions des rencontres avec les artistes invités ainsi que la création d’œuvres en collaboration avec ces mêmes artistes et inspirées de leurs thématiques et de leur travail.

Depuis sa création l’association a produit des œuvres aussi folles que « les sons des confins », créations sonores de Pierre Redon, artiste éclectique du plateau, autour des usages et des représentations de l’eau, prenant la forme de marches sonores sur les territoires de Felletin et Faux-la-Montagne. Suite à une première étape cette expérience se poursuivra jusqu’à Saint-Nazaire répondant à une commande publique grâce au soutient, entre autre, de l’ex com com Millevache avec l’idée de dialoguer avec d’autres territoires autour de cette démarche. Pierre Redon déroulera alors ce fil le long de la Loire et de la Vienne sur 8 communes, aboutissant au terme de 4 années de travail, à la création de 8 marches sonores, d’un jeu de tarot, de performances, d’œuvres photographiques et d’un coffret réunissant les traces de ce travail. En 2010 suite à la demande d’une assemblée populaire défendant l’assurance des retraites de réaliser des cartes permettant de bloquer des endroits stratégiques sur le trajet des manifestations, Quartier Rouge proposera à Till Roeskens de mener une série d’ateliers de cartographie et de performance en collaboration avec la Pommerie (lieu de résidence d’artiste à Lachaud Gentioux en Creuse) et l’association Pivoine. En 2012 la collaboration avec l’artiste Johanna Fournier et le LMB (lycée des Métiers du Bâtiment) de Felletin verra naître le projet « L’Hypothèse du 4×4 », micro architecture mobile et modulable aux usages variés. Cette œuvre, sorte de roulotte de chantier dont les parois abritant tables et chaises s’ouvrent à souhait permettant de transformer l’espace en scène, boite de cinéma, lieu de convivialité ou d’exposition, se déplace depuis 2014 sur les routes creusoises. Ou encore « Ciel Ouvert /rencontres poétiques/ » de Stéphanie Eligert qui avec l’association Pan! et l’AGP (l’atelier de géographie populaire) du Plateau de Millevaches questionne les habitants sur leur relation sensible au climat sous forme d’entretiens dans un premier temps puis à partir de juin 2016 de rencontres, de performances, de conférences et d’ateliers sur le ciel comme enjeu politique. Ou bien encore « Le Mur de la Mort », spectacle de théâtre forain d’exhibition moto sur paroi verticale créé par le Collectif MDLM, écrit par Morgane Defaix et Laurie-Anne Estaque.

Marie-Cerise Bayle

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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