Il me reste encore mille sept cent onze caractères pour finir cet article. Sans compter le point. Et là, les correcteurs qui m’apprécient me maudissent, car leur corrections vont fausser le calcul. Je ne serais pas étonné qu’une faute, au moins, se cache dans ces treize mots. D’autant qu’il ne leur reste que peu de temps pour corriger. Quant à ceux qui ne peuvent pas me blairer, ils jubilent de pouvoir me donner tort. Encore faudrait-il que je sache accommoder les restes. L’idéal étant d’écrire quelque chose qui reste, quelque chose d’important. En l’occurrence, ce qui reste est plus important que ce qui a déjà été fait. Là, certains commencent à avoir des gouttes de sueur et des bouffées de chaleur pour comprendre. Pourquoi saute-t-il du coq à l’âne ? Ne lui reste-t-il pas une once de clarté ? Autant quand il reste du stock, on se sent rassuré, autant quand il n’y a plus que les restes, ça craint. De là à en conclure que du reste vaut mieux que des restes, ce serait aller un peu vite en besogne. D’autant que, là, le stock qu’il me reste aurait plutôt tendance à m’inquiéter. Pauvre de vous qui vous êtes lancés dans la lecture de cette article. Le fait qu’il reste moins de la moitié pourrait vous consoler. Reste à savoir si vous êtes déjà arrivés jusque-là. Auquel cas il nous reste à déterminer si ce ne fut vain. Sinon, point de consolation. Vous frisez la poésie, mon cher, on n’y comprend plus rien ! Nous restons sur notre faim, rendez-nous notre reste ! Il en reste encore et je n’ai toujours rien dit. Ou si peu, un tout petit peu, un rien, un reste de chrétien. Vous savez ce qui reste au milieu du plat que les personnes bien éduqués n’osent finir. Et plus j’en mets, moins il en reste. Le coup du curé, celui que l’on boit avant de partir. Et il en reste encore. Non là c’est bon, avec le point j’ai même dépassé.
Marto





