
Ce mois-ci, pour La Trousse corrézienne, j’ai décidé d’aller à la rencontre de Delphine Laval. Je l’avais déjà rencontrée il y a quelques années à l’occasion de l’ouverture d’une école alternative à Malemort. Cette fois, j’ai eu envie de cerner un peu plus le personnage pour comprendre son parcours et ce qu’elle propose aujourd’hui en termes d’accompagnement.
Lapin : Bonjour, mais qui es-tu, Delphine Laval ?
Delphine : Je suis « Coach en déploiement personnel et professionnel ». J’ai 42 ans, aujourd’hui ! C’est bon, on a encore de belles années devant nous !
Lapin : Ton parcours ?
Delphine : Je suis une Terminale à qui on a dit : « Vu tes notes, tu ne pourras jamais faire STAPS ». Du coup, j’ai fait l’IUT de Bio. Mais je n’avais pas envie d’analyser des jus de viande en laboratoire. Ça ne me faisait pas triper. Donc j’ai arrêté et je suis entrée en STAPS et j’ai fini 2ème de ma promo. Quand tu es dans quelque chose qui te parle, tu peux déployer plein de choses. On y faisait plein de choses différentes, c’est ce qui m’a permis de m’épanouir. Parce que dans la famille, on est sportifs, et mes parents sont profs. Pas d’autre panorama : ni le voir, ni s’autoriser à autre chose. Il y avait un enfermement très fort.
Mon chemin professionnel, c’est beaucoup de reconversions, repositionnements, en se rapprochant de moi-même. Trouver ma vraie place. J’ai mis 20 ans pour le faire.
J’ai fait STAPS en filière activités physiques adaptées. Je suis partie à Montpellier. J’ai bossé 3 ans dans un quartier difficile de Montpellier dans un club de Basket pro. Il s’agissait de faire le lien entre le quartier et le club. J’ai adoré faire ce boulot, j’avais carte blanche. Puis les subventions ont été coupées par la municipalité (Georges Frêche l’a décidé, d’un seul coup), et le club a fermé du jour au lendemain. Quand j’étais au Club, je bossais avec les écoles, et notamment une école Freinet, et j’aimais beaucoup travailler avec eux.
J’ai alors fait un 1er bilan de compétence : soit l’enseignement (je ne voulais pas aller dans cette direction, ça me ramenait à l’enfermement) soit communication événementiel, mais ça ne collait pas à mes valeurs. Du coup, j’ai passé le concours d’instit. Ça a été deux années de souffrance, formation/formatage, mais aussi de découverte artistique (danse chorale, musique, peinture…). J’ai été 7 ans instit. Ma façon de travailler posait beaucoup de problèmes avec les collègues, parce que je mettais toujours les talents des enfants au cœur des apprentissages. Toutes les intelligences étaient là. J’ai arrêté le jour où j’ai vu que malgré tout ce que je pouvais faire, je participais à brider les enfants.
Avec mon compagnon, nous sommes partis vivre à l’étranger. J’y ai bossé comme journaliste pour un journal pour enfants. Et puis j’ai commencé à rêver d’une école alternative. Ma fille était née. Retour en France, en Corrèze. Puis ça a été l’épopée de l’école alternative. Permettre aux enfants d’expérimenter plein de choses, d’explorer leurs zones de talents. Ce qui les intéresse, là où ils sont bons. Deux ans et demi à la construire et six mois à la fermer, cette école. J’ai pris plusieurs mois pour me remettre physiquement et psychologiquement. Je me suis dit, je veux aller regarder ma part de responsabilité dans cette histoire. Pourquoi j’ai vécu ça, parce que ça été d’une violence inouïe. Je veux aller régler ce qu’il y a à régler. Je savais que j’allais me relancer, mais je ne voulais plus passer à côté de moi. La vie a entendu la demande. Depuis mes 19 ans, j’avais travaillé sur moi. Psychothérapie, Gestalt puis travail énergétique, un chemin d’expérimentations multiples.
Après la fermeture de l’école, j’ai entamé un DU Acteurs de la transition éducative. J’ai alors effectué ma propre transition. J’ai eu énormément d’outils de compréhension. Je me suis ensuite formée à l’Appreciative Inquiry, puis à la méthodologie de bilan. Cela m’a mis le pied à l’étrier.
La rencontre avec le Tiers Lieu « Le 400 » , c’est un espace qui m’a permis de démarrer.
On y a fait les premières soirées Girls.
Lapin : Avant que tu ne parles de cela, dis-moi comment tu travailles, sous quelle forme juridique ?
Delphine : Je suis installée à mon compte, en autoentrepreneur. Profession libérale.
Lapin : Tu as abordé les « Girls », et j’ai aussi vu des propositions de ta part sur les « Zèbres ». Tu m’expliques de quoi il s’agit ?
Delphine : Les « Girls Power » voient le jour en mars 2018. Au tout d’abord, nous sommes quatre copines à échanger autour des pratiques de développement personnel qu’on a expérimentées. On a envie de partager ces expériences. Alors, avec Claire Serrano, art-thérapeute, l’une des quatre et la rencontre du 400, on a commencé à organiser des soirées : des rencontres mensuelles de femmes, le lundi soir de 19h à 22h, où on avance ensemble, en grand groupe, et où l’on est invitée à découvrir des pratiques de développement personnel via des ateliers en petits groupes animés par des professionnels. Vingt-cinq à quarante femmes répondent chaque mois à l’appel. La formule évolue, avec notamment le départ de Claire fin 2018, en partance pour son île natale. Les Girls Power deviennent alors les We Girls. La dernière édition de juin 2019 a quelque peu changé de couleur : plus intimiste, un seul groupe qui avance ensemble tout au long de la soirée, pour aller plus loin.
Pour les Girls, je suis en plein accouchement. Ça va continuer sous plusieurs formes, mais je ne peux pas encore te dire comment. Il s’agit d’accompagner les femmes pour se déployer personnellement et professionnellement. Et j’ai envie d’un gros volet professionnel. Celles qui se cherchent, celles qui démarrent, celles qui ont déjà démarré et qui veulent passer à la vitesse supérieure.
Deux axes forts : libérer et s’aligner, et incarner qui on est vraiment. C’est sur ces trois dimensions que je veux travailler à chaque fois. D’où l’intervention de praticiens en développement personnel qui vont travailler à d’autres niveaux. Et dans le domaine de l’entreprenariat féminin, ce sont manifestement la confiance, l’estime, le fait de prendre sa place, oser s’affirmer qui sont les principaux freins identifiés. Alors je sens que cette approche pourrait permettre d’avancer sur ce chaînon manquant, afin de lier, encore et toujours, développement personnel et professionnel.
Lapin : Pourquoi entre femmes ?
Delphine : On a senti que c’était nécessaire. C’était aussi l’histoire des Girls au départ.
Lapin : Et les « We Zèbres », c’est quoi ?
Delphine : Les « zèbres », dans la littérature spécialisée sur le thème des « précoces », des « surdoués », des « hauts-potentiels », des « philo-cognitifs », sont l’un des noms donnés pour désigner ces personnes dont le cerveau fonctionne de manière globalement plus efficace et plus rapide que la plupart des autres individus. Sauf que ce fonctionnement particulier s’accompagne bien souvent d’une sensibilité particulière et de stratégies inconscientes mise en place souvent depuis longtemps pour se protéger. Dans le même esprit que les We Girls, je propose dorénavant des moments d’échanges sur les différents aspects des personnalités des zèbres, là aussi en faisant appel à divers professionnels du développement personnel. Une première journée, qui a réuni environ 45 personnes, s’est déroulée en mai 2019. Une seconde aura lieu le samedi 23 novembre prochain. Permettre aux zèbres et à leur entourage de mieux comprendre les spécificités de chacun, éventuellement de déjouer certaines des stratégies limitantes mises en places… etc, Ces moments sont ouverts à toute personne, identifiée ou non via des tests, qui se reconnaît dans cette problématique de « hauts potentiels ». Le tarif de la journée est de 30 € pour le 1er adulte, 20 € le 2ème – 20 € enfant et 15 € le 2ème enfant (car il y a une forte hérédité dans ce neuro-atypisme), et parce que tout le monde est concerné dans la famille, que ce soit en tant que zèbre ou accompagnant de zèbre.
C’est ça que je veux faire : permettre aux gens de se dire qu’ils sont bien ! Et on a le droit d’être comme on est.
Lapin : Tu proposes aussi de l’accompagnement individuel ?
Delphine : Oui, je propose des bilans d’orientation pour les ados, qui sont orientés métiers et postes. Des bilans de repositionnement professionnel pour les adultes, orientés également métiers et postes, mais c’est plus affiné (environnement de travail… etc). On va aussi sur les croyances limitantes, les blocages. Et puis dorénavant, je propose aussi des bilans deuxième vie pour les retraités. Là on va plutôt axer sur les activités.
Un bilan, c’est une rencontre : je fais émerger les préférences cérébrales : quelles sont nos zones de fluidité cérébrale, et quels sont nos moteurs internes. Ce qui nous met en joie, en vibration, en mouvement. On aligne ces zones de fluidité et les moteurs internes.
Et puis je fais aussi du coaching professionnel. Ceux qui font des bilans décident parfois de continuer avec moi en coaching. D’autres viennent seulement pour le coaching : ils sont déjà installés mais veulent passer à la vitesse supérieure.
Pour les zèbres, bien souvent en coaching on revisite ce particularisme dans la vie, pour revenir au professionnel ensuite.
Contact :
Delphine LAVAL – 06 63 111 299
delphinelaval@hotmail.com
Page Facebook : @YourBestRegards
Lapin compris


