
Comme souvent avant de partir parcourir un de mes coins préférés du Causse, j’ai été humer le jardin. L’herbe pousse, mais quelle importance ? les fourmis et autres insectes courent au pied de l’herbe, ils utilisent ses feuilles comme piste d’atterrissage ou d’envol, la hauteur des adventices dissimule les petits mammifères aux yeux des prédateurs. Un monde minuscule travaille, joue, flirte, pond au ras de la terre. Nous laissons toujours quelques endroits sans taille, sans cultures, ce sont mes endroits sauvages, pas toujours très grands, notre terrain ne l’est pas vraiment ! Les pommiers et cognassiers sont en fleurs, figuiers, cerisiers, groseilliers, pêchers, cassissiers, pruniers montrent de minuscules fruits. S’il n’y a ni grêlons, ni gelées tardives, ni vents trop violents, peut-être aurons nous cette année une jolie récolte, mais ceci est une autre histoire. J’aime voir le jardin changer. Noisetiers, érables, robiniers, frênes, déploient leurs feuilles, ils verdissent de jour en jour. Viorne,
sureau étalent de beaux et odorants bouquets de fleurs au milieu des feuilles. Les noisetiers servent de perchoir aux oiseaux. La nature réussit toujours à m’enchanter. Je vais faire un petit tour côté potager. Les fèves grandissent, les pois gourmands n’ont pas encore pointé un seul petit bout de feuille ; dès que l’une d’elle va apparaître, je vais semer les pois ridés, et quant à leur tour, ils sortiront de terre, ce seront les pois chiches qui seront mis en terre, certainement en même temps que les haricots mange-tout. Si la chaleur est là, je planterai vers la mi-mai tomates et piments. Nous avons recommencé à traiter les buis contre la pyrale à titre préventif, Björn va commencer à pulvériser sur les pêchers une décoction de prêle pour les aider à lutter contre la cloque, les orties macèrent dans de l’eau de pluie. Ravie, j’ouvre le portillon et je pars me promener le sourire aux lèvres et les yeux aux aguets, l’appareil photo me bat le flanc, prêt à mitrailler.





