Il y a des jours, on se réveille en sachant que la journée sera trop courte.
Je ne sais pas si ça vous le fait ? Mais durant mes jours « de repos », je sens mon taux de cortisol qui augmente, autrement dit : je stresse.
Une fois les p’tits dej’ engloutis, les enfants a l’école, la vaisselle rangée et la lessive étendue, on file « aux courses » (pas celles de Pompadour en période estivale, les vraies qu’on doit se taper toutes les semaines).
Sur la route on a le temps de réfléchir, on écoute la radio, on pense a l’évolution de notre pays (qui en milieu rural et montagnard s’étend là où le regard porte). En sachant que dans deux mois « l’échéance » va changer notre paysage, nos discussions, notre climat… nos vies quoi !
Et là, je me projette en pensant à demain et je sens ce maudit cortisol qui se répand dans mes veines associé a une dose d’adrénaline, un besoin d’agir. Je me dis que c’est positif, mais que cet état ne doit pas être prolongé, les deux hormones ayant des effets opposés. Je redeviens pragmatique : ma liste de courses (vous apprécierez mon engagement politique ! )
J’entre dans l’épicerie. Ici, on se salue, on se sourit, on sait d’où viennent les légumes et on a une pensée pour la maraîchère, on « revoit » ses yeux de jais et ses mains de travailleuse. On discute, on parle de nos projets pros, familiaux, « spirituaux ». On effleure les sujets, on n’est ni dans le débat politique, ni au confessionnal (quoique ! ).
Mais il se passe quelque chose qui fait baisser mon taux de cortisol, je sens que je sécrète de l’ocytocine (l’hormone du bonheur).
Il y a en face de moi quelqu’un qui écoute et qui parle sincèrement. Je me dis qu’il est bon de se tenir loin des néons blafards des Leclerc, Carroufs et autres temples de la conso.
Sur le chemin du retour je me sens mieux qu’à l’aller, les hormones continuent a faire leur boulot ;
en repensant au prix de mon panier plein de bons légumes, je me demande si Josiane (c’est le prénom de mon épicière) n’a pas oublié quelques articles tant elle était prise dans notre échange verbal.
Et je me dis que cette journée ne sera sûrement pas assez longue mais qu’elle vaut le coup d’être écrite…
L.M





