
Au nord de Limoges, sur la route nationale 147 (direction Poitiers), un projet de mini-autoroute vient d’être agréé par la préfecture de la Haute-Vienne. Voici une partie du communiqué de presse paru le 24 juillet dernier, complété par des informations [entre crochets] recueillies au téléphone auprès d’un membre du collectif Alouettes 147 regroupant des citoyens et des représentants d’associations locales, nationales.
Alors que régulièrement des vies sont perdues sur la N 147 (2 morts et 2 enfants grièvement blessés, le 16 juillet dernier, sur la commune de Val-d’Oire-et-Gartempe [87]), les élus locaux refusent d’agir pour sécuriser immédiatement la N 147 là où il y a besoin au profit d’un projet pharaonique [132 millions d’euros] qui ne résout pas les problèmes actuels. En catimini, au cœur de l’été, le projet de 2×2 voies Couzeix-Nieul [à quelques km de Limoges] a reçu la validation de la préfecture de Haute-Vienne permettant le démarrage des travaux de déboisement, défavorable de la commission d’enquête publique. La commission, dans son rapport, a notamment pointé la défaillance du projet dans la résolution des problèmes d’accidents sur la N 147 (voir citations en annexe). [« Ce n’est pas le tronçon le plus accidentogène de cette route, qui comporte une demi-douzaine de sites dangereux » précise la personne interviewée.] L’arrêté préfectoral d’aménager suivra très probablement. Un déni de démocratie qui révèle l’obstination aveugle des décideurs.
En journalisme, la charte de déontologie de Münich 2 ne règle pas autrement la question : la parole du journaliste est au-dessus de celle des autres. Le secret professionnel lui permet de ne pas divulguer la source d’informations obtenues confidentiellement. Il est donc prévu qu’il soit cru même sans citer la source.
Si dans l’article, le journaliste porte atteinte aux intérêts de quelqu’un, que celui-ci demande ensuite réparation au juge, détenteur de la parole ultime, et que ledit juge apprécie de manière insuffisante la source considérée, il peut changer la hiérarchie de la parole. S’il le fait trop souvent dans le même sens, instrumentalisé par celui qui a les moyens financiers d’orienter son jugement, alors ce dernier deviendrait le seul à jouir de la liberté d’expression. Procédures bâillons.
Probante ou non probante
Des travaux scientifiques ne sont pas juridiquement convaincants avant d’avoir été largement validés depuis un certain temps et contestés pendant un temps plus court. Des renvois à des renvois qui renvoient à des affirmations non fondées ne constituent pas une source valant preuve. Le nombre des échos d’une affirmation fausse n’en fait pas une information vraie.
Pour rappel de l’absurdité du projet, l’État, le département, Limoges Métropole et la région veulent construire une route nouvelle à 100 %, en parallèle de la route actuelle : – 132 millions d’euros pour 6 km – 8 fermes détruites, 300 hectares de terres impactées, plusieurs familles expropriées – 15 hectares de forêts intégralement déboisés – un impact écologique majeur touchant l’eau potable et de nombreuses espèces protégées.
Agir pour la sécurité Face à cette fuite en avant et à l’inaction coupable des élus, le collectif Alouettes 147 prend ses responsabilités dans trois Le collectif appelle à défendre, ensemble, la directions [plusieurs recours juridiques, vraie sécurité et l’usage intelligent de l’argent interpellations officielles des élus et du conseil public. départemental.]
Contact collectif Alouettes 147 : 2x2voies@gmail.com Les vraies solutions de sécurité seraient par Pour la cagnotte de soutien « frais de justice », exemple de sécuriser immédiatement les voies contacter Nicolas Vigier au 06 12 88 10 03 d’accès en provenance des hameaux et villages voisins : Annexes – Par des infrastructures légères (miroirs, Citations du rapport de la commission signalisation renforcée) d’enquête publique sur le projet – juin 2025 – Des aménagements ciblés (tourne-à-gauche, La commission note que : voies d’insertion) – « L’autorité environnementale évoque – Un contrôle effectif de la vitesse afin que l’insuffisance de l’étude d’accidentologie malgré l’avis cessent les incivilités (deux conducteurs basée sur des données anciennes et hors flashés le week-end dernier à 147 km/h et périmètres alors qu’il s’agit d’un argument de 141 km/h pour une vitesse limitée à 90 km/h à la démonstration de la raison impérative Peyrat-de-Bellac) [« par exemple trois radars d’utilité publique majeure ». permanents et annoncés en amont – « L’argument sécuritaire est absent des permettraient de diminuer efficacement les constats de l’étude socio-économique des vitesses des véhicules »]. variantes qui précise que l’accidentologie dans le secteur d’étude sur la période 2010Ces mesures peuvent être mises en œuvre en 2014 ne fait pas apparaître de spécificité du donnant permis quelques mois pour quelques millions d’euros, secteur par rapport au lieu d’attendre 10 ans et gaspiller nationales ». 132 millions.
Un renvoi à la liberté d’expression d’un autre constitue bien une source probante : « Untel m’a dit que », mais jusqu’à la preuve contraire.
Dans cet article, les sources sont des dictionnaires, qui font a priori consensus. Et leur contenu ne porte atteinte à personne. Si je devais écrire un propos portant atteinte à quelqu’un, à sa réputation, à sa vie privée, etc. cela serait mieux avec une source probante. Est probante une source que le juge reconnaîtra comme telle. Encore faut-il lui demander ! En attendant, c’est à chacun d’apprécier la qualité probante des sources fournies. Le caractère probant dépend de notre propre appréciation, grâce à nos connaissances, lesquelles ont peut-être été induites par les informations disponibles dans notre environnement… Donc, avant la décision éventuelle d’un juge, le caractère probant dépend des sources d’informations que nous choisissons, et de nos capacités d’autodéfense intellectuelles.
Au plaisir de lire vos messages de compléments ou réaction sur le site.
1. Ce sont des agissements ou événements auxquels la loi attache des effets de droit, une signature ou une livraison par exemple. 2. Ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, signée le 24 novembre 1971 à Münich.
13 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 55
aux moyennes
RUFUS





