Hier, tandis que le premier choc pétrolier avait tout juste un an, déjà le vélo avait le vent en poupe en Corrèze. Aujourd’hui, pour répondre à des enjeux écologiques et de réenchantement des centres urbains, plusieurs associations du département tentent de promouvoir la pratique du vélo, telle Brive, ville cyclable.
Hier, c’était l’année 1974 et plus précisément la fin juillet. En ces temps, la ville de Brive et le club Vélocio accueillaient alors un millier de cyclistes aux mollets bien gaillards pour la semaine fédérale internationale du cyclotourisme. Le hall d’entrée du Lycée d’Arsonval, servant de base pour l’évènement, fut rallié par des cyclo-voyageurs des quatre coins du globe. Le boulevard du Général Koenig a donc vu défilé des guidons tenus par des allemands, des américains, des anglais, des australiens, des belges, des danois, des hollandais, des italiens et des suisses ; à l’occasion déguisés en hippies. On a même pu voir une vingtaine de japonais venus en train et portant leur vélo et tout l’attirail qui va avec en pièces détachées sur leur dos (si ça peut donner des idées à ceux qui ne savent pas où mettre leur deux-roues dans un wagon). Il y eu bien sûr des français en grand nombre ; un des doyens de 76 ans avait rejoint la foule à bicyclette depuis Strasbourg. La bonne humeur était au rendez-vous et cela malgré les circuits ardus réservés aux participants, adolescents comme octogénaires. Un parisien s’exclamait alors : « Quel beau pays vous avez, mais c’est dur vos côtes. ». Les balades proposées aux cyclotouristes pour découvrir le département étaient des « petites » boucles de 124 à 180 km ! Elles leur auront permis de découvrir la vieille ville de Brive et de Tulle, la vallée de la Corrèze, de la Dordogne, de la Vézère, les Monédières et le plateau de Millevaches. Et ce n’était pas que du sport, encore moins une course. Un livret détaillant le patrimoine et l’histoire locale avait été distribué à chacun de ces cyclistes qui s’improvisaient alors explorateurs. Un septuagénaire britannique se payait même le luxe d’embarquer le long de son cadre une canne siège pour pouvoir s’arrêter dans les côtes et contempler le paysage.1
Aujourd’hui, le club de cyclo-randonneurs Vélocio gaillard, pour ceux que ça intéresserait, existe toujours et fête cette année ses cinquante ans (voir leur page internet : http://www.cvgbrive.fr/). Plus jeune, l’association Brive, ville cyclable fête ses vingt ans. Les bénévoles de cette association accompagnent les services techniques de Brive et de son agglomération, dans l’aménagement, l’entretien de voies cyclables et la pose d’appuis vélo. Le projet qui à ce jour se dessine c’est la création d’un parcours cyclable qui irait d’un bout à l’autre de l’agglomération. Il existe déjà de véritables voies vertes, côté est : d’Aubazine à Malemort et côté ouest : de Brive à Saint Viance. Toutefois, au centre de Brive il reste une liaison à faire. Pour ce raccordement, les voies cyclables sont déjà dessinées et partagent la route avec les engins à moteur mais il est encore difficile de s’y retrouver. Alors, d’ici quelque mois, sous l’impulsion de Brive, ville cyclable, le parcours qui va de Malemort à Saint Viance en longeant la Corrèze sera balisé. Hormis ça, cette association de passionnés de la petite reine, propose différentes activités : des cyclotours thématiques dans la ville, la fête du vélo au printemps, l’animation d’un carrousel pour les plus petits fonctionnant à coups de pédales. Maintenant les adhérents de Brive, ville cyclable cherchent aussi un local afin de proposer au grand public des ateliers collaboratifs de réparation de cycles.2 Si vous souhaitez les rejoindre, vous pouvez vous brancher sur : http://www.brivevillecyclable.org/ . À savoir qu’il existe le pendant de cette association pour les Tullistes, Tulle à bicyclette (contact : abicyclette.tulle@free.fr).
Le rêve secret alors de ces deux associations, de Brive et de Tulle, serait un jour de pouvoir se rejoindre par voie cyclable, de créer un parallèle à cette voie rapide qui verrouille la vallée de la Corrèze (si toutefois cela peut se faire dans le respect de la naturalité des berges, ce qui est moins évident) ; pour un éloge de la lenteur.
NBP 1 : histoire extraite d’articles du journal la Montagne, du 20, 21, 26 et 27 juillet 1974.
NBP 2 : d’après un entretien avec Xavier Hochart, Président de l’association.
Jasmin


