Pour la quatrième année consécutive, les commerces éphémères s’installent à Brive du 1er au 31 décembre. Ouverts tous les jours, principalement situés dans la rue de la République, ils symbolisent le dynamisme retrouvé du centre-ville. Une démarche originale, sous-tendue par une conception humaine du commerce, clairement tournée vers l’avenir.
L’artisanat au cœur de la ville
« Il y a quelques temps, nous avions quinze magasins à louer », se souvient Christophe Gerbou, président de l’association des commerçants du quartier de la République. « Aujourd’hui, il n’y en a plus que trois ». Et pour cause ! Autrefois animée, la rue de la République – qui relie la collégiale Saint-Martin aux boulevards Koenig et Lachaud – a connu un déclin marqué avec l’avènement des zones commerciales en périphérie de la ville. Elle a alors longtemps brillé par ses locaux vides et ses devantures ornées de panneaux « À vendre » ou « À louer ». Grâce à l’huile de coude des commerçants du quartier et au concours de la municipalité (1), la rue retrouve aujourd’hui un éclat nouveau, notamment avec la mise en place des commerces éphémères. Ici, pas de franchise. Rien que des commerçants indépendants et des artisans ; en moyenne entre quatre et cinq personnes par boutique, avec parfois des activités différentes. Et voilà qu’un vent de fraîcheur se lève sur le centre-ville briviste ! L’initiative suscite l’engouement. Des clients, à la recherche de qualité, de nouveauté et d’une ambiance atypique. Mais aussi « des commerçants qui demandent à revenir chaque année », explique Christophe Gerbou.
Une démarche novatrice basée sur l’échange et la transmission des savoirs
Certains commerces se sont même pérennisés. C’est le cas de SiO2, boutique-atelier de céramique tenue par Aurore et Solenn. Elles n’auraient pas pensé venir à Brive. Pourtant, à la recherche d’un local assez grand pour vendre et créer, leur choix s’est finalement porté sur la rue de la République. Une installation rendue possible par le système des commerces éphémères. Dans leur boutique associative, elles exposent, à côté de leurs créations, celles de céramistes régionaux. De l’artisanat local à des prix abordables, loin du low cost de certaines grandes enseignes. Pour Aurore, « le client s’y retrouve. Et comme l’atelier est ouvert, il peut voir le produit de sa fabrication à sa commercialisation ». Une prise de conscience de l’objet qui relève, selon les deux créatrices, « d’une mission d’éducation ». Cet état d’esprit, elles le prolongent via des cours ouverts aux enfants comme aux adultes (1), toujours avec l’idée de replacer le savoir-faire et l’artisanat dans le centre-ville. La sensibilisation du public : un échange gagnant-gagnant, créateur d’emploi, de lien et de vie dans un cœur de ville en pleine renaissance.
(1) La municipalité prend à sa charge la publicité
(2) Pour en savoir plus : facebook/sio2 ou sio2.brive@gmail.com
Le Musée d’histoires orales (OHM) sur l’Île de Vassivière
Le Musée d’histoires orales (OHM) sur l’Île de Vassivière
Hilmar Braken




