
Ce film documentaire est un mélange de biopic et de commentaires photos. Il retrace la vie du photographe Sebastião Salgado, et surtout nous plonge dans l’histoire de ses photos, un somptueux noir et blanc dramatique, généreux et texturé, qui révèle des pans de l’histoire humaine, le sel de la Terre, les humains. Deux passages m’ont marqué dans ce film. D’abord celui de la mine de Serra Pelada, une des plus grandes mines d’or au monde, située au Brésil. Des images violentes qui laissent sans voix, une masse d’hommes qui courent sans relâche, une pente dangereuse avec un sac de terre, pour une poignée d’or. Meurtri, après avoir pendant des années photographié la misère humaine, Lélia Salgado, sa femme, lui propose de replanter la forêt de son enfance, disparue en raison du tassement du sol par le bétail qu’élevait le grand-père de Salgado. Ce fut le deuxième passage, touchant et beau, qui clôt avec de belles photos de la nature, de son dernier projet, genesis, sa lettre d’amour à la Terre.
Antoine



