Mutualiser, le verbe et son suffixe en « tion », profitent tous deux du prestige de leur radical (mutuel) : contrat à engagement réciproque. Si l’on vous dit mutuel, vous pensez complémentaire santé. Cette caisse où chacun met un peu d’argent pour espérer être remboursé en cas de pépin. Certains penseront aussi mariage, ce contrat archaïque pour payer moins d’impôt et compliquer la future séparation. Les gosses pourraient ne pas suffire comme moyen de pression. Le divorce comme source de revenu s’avère parfois plus rentable que le RSA et surtout moins stigmatisant. Mais revenons à nos moutons. Tous sommés de mutualiser, de l’association au ministère en passant par la collectivité locale. L’euphémisme nous renvoie 33 ans en arrière, dans le futur imaginé par Georges ORWELL. La novlangue a bien eu lieu ! C’est à n’y plus rien comprendre, à n’y plus rien pouvoir. Car la mutualisation est en fait le joli nom trouvé à la réduction des budgets et subventions. Les employés associatifs doivent désormais travailler pour plusieurs structures sans tenir compte de leurs objets respectifs. À la ville de Brive certains directeurs et leurs services ont été mutualisés avec ceux de l’agglo. Notamment directeur général des services (dgs), dgs technique, RH, développement durable, etc. Outre que cela confère plus de pouvoir à Brive au sein de l’agglo, cela le concentre dans les mains de certaines personnes. Cela ne permet pas de faire des économies. En effet les mutualiser étant des fonctionnaires, ils sont recasés dans la pyramide formant ainsi de véritables armées Mexicaines d’agents démotivés. La mutualisation s’avère une fabrique de frustration très productive en « burn-out ». Et que dire de la sécu qui finance des mutuelles privées triées sur le volet via un chèque aux usagés modestes. Mutualisation ? Privatisation ? Ou foutage de gueule ? Rien d’étonnant à l’époque où les candidats députés* incitent à s’asseoir sur les convictions pour faire gagner le président.
Marto




