Le concept de tiers-lieux 1 comme illustration concrète de la notion d’espace-temps. Le tiers du quart, quand l’autre tien la barre, qui choisit l’autre. Tri à tous les étages, ou comment choisir les méritants du bien public.
Sur le site de Movilab qui a fait de Tiers Lieux une marque, on trouve ces quelques « définitions pour les pressés » :
– Proverbe de « concierge » qui en l’occurrence ne désigne pas la personne qui sort les poubelles, mais celui ou celle chargé d’animer, de coordonner, d’administrer et d’essaimer. (Cependant, s’il sort aussi les poubelles et fait le ménage c’est mieux). : « Un Tiers Lieux ne se définit pas par ce qu’il est mais par ce que l’on en fait.
– Un Tiers Lieux c’est trois choses à la fois : un service, un outil et un processus !
– C’est fait par, et pour, des individus, des structures, des groupes et des communautés.
– Pourquoi des Tiers Lieux ? Pour travailler, vivre, entreprendre et pour beaucoup, survivre… et plus si affinités… »
Ces lieux peuvent être physiques ou virtuels, publics ou privés, éphémères ou permanents. Initiatives aussi diverses que : forum numérique, espace de travail, café, bibliothèque, repaire-café, disco-soupe, cantine, jardin partagé… La liste n’est pas exhaustive, d’où, peut-être, le « tiers ».
Pour ma part, il m’est venu spontanément à l’esprit le fameux « tiers-état » de la révolution française. Ce qui n’était ni l’église ni la noblesse. Les restes. L’autre. Ce qui, entre-nous soit dit, représentait bien plus du tiers des français, sans compter les françaises qui n’avaient alors pas plus d’âme qu’une poule.
Après quelques recherches, je suis en mesure de vous faire part de quelques acceptions supplémentaires qui éclaireront votre lanterne. Je vous les jette pêle-mêle : – un tiers : personne qui s’ajoute, qui est étrangère à un ensemble de deux personnes ;
– apprendre quelque chose par un tiers : par une personne quelconque ;
– en présence d’un tiers ;
– se mettre en tiers dans une conversation : s’exclure ;
– se foutre du tiers comme du quart ;
– assurance au tiers : ne couvre pas l’assuré, sa famille et ses proches ;
– tiers porteur : possède par transmission ;
Mais aussi : tiers payant, tiers expert, tierce opposition, etc.
En fait tiers-lieu c’est tout simplement un groupe de « jeunes branchés » ou plutôt « connectés » réunis autour de mots valises chéries par tous les communicants du « monde libre » tel que : ouverture, respect, solidarité, partage, accompagnement, innovation… « un lieu où tout est possible… on fait ce qu’on veut avec qui on veut », « si le projet nous plaît, on devient co-porteur, on met nos moyen à disposition. Si non, on les loue ».
Bien sûr ils se méfient de toutes les idéologies, et pour être sûrs de ne pas se faire cataloguer, pour ne pas effrayer les investisseurs, ils préfèrent intégrer dans leur charte « l’open source » plutôt que le « libre ».
En terme de logiciel, le « libre » répond à quatre lois : un : utiliser ; deux : étudier ; trois : modifier ; quatre : redistribuer. Alors que « l’open source » ne répond qu’aux deux premières (utiliser et étudier), ce qui permet aux grandes firmes de piocher ce qui les intéresse tout en blindant leurs logiciels payants.
La lutte des classes n’existe pas. Bienveillance. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et pendant ce temps-là… de plus en plus d’associations galèrent pour trouver une salle publique et les jardins partagés sont fermés à clés. Serait-ce osé de faire le rapprochement avec les « partenariats public / privé » ? Car les tiers-lieux ne crachent pas sur les subventions. Comment les en blâmer. Quant aux institutions, elles sont friandes de ces initiatives…
1 – Comme nous vous le disions dans la Trousse de juillet-août, Tiers-lieu est un concept sociologique, développé par Ray Oldenberg, en 1989, servant à décrire les modalités d’échanges de communauté informelle en milieu urbain, afin d’ analyser leurs relations et interactions sociales.
Marto




