
Les communicants qui définissent peu ou prou le vocabulaire couramment utilisé redoublent d’inventivité. Félicitons les, ils le méritent.
Après les inversions de sens utilisées depuis un temps déjà : Par exemple le « plan social » pour parler d’un licenciement de masse ou « la baisse des charges » pour évoquer une amputation du salaire, salaire différé ou collectivisé, certes, mais salaire quand même, voici qu’ils jouent avec une autre figure style : l’oxymore.
Cela est particulièrement vrai dans le domaine de l’écologie. Nous avons droit à « la voiture propre » par exemple. Il faut comprendre voiture électrique, voir hybride. Propre ? Vraiment ? Ok, pas de gaz d’échappement pour venir chatouiller vos narines mais quand même de l’électricité à produire pour la recharger. Et en France pour 75 % elle vient du nucléaire… Trop propre ! En plus il a bien fallu la fabriquer cette voiture, faire de l’acier, des batteries au lithium, du plastique, etc. Rien que du propre !
On a aussi « l’écotourisme » A que c’est bien ça ! Chaque été, profitant de leurs congés payés généreusement offerts par des patrons dispendieux, les petites familles françaises enfilent leurs sacs à dos, pour, suivant de bucoliques chemins de campagne, rejoindre, à pied ou en vélo, leurs lieux de villégiature. Qui La Grande Motte, qui la Costa Brava, qui le Maroc, la Thaïlande ou les Maldives. Pour cette dernière destination il est grandement conseillé d’avoir une bonne maîtrise du kayak de mer. Sur place ils détruisent les barres de bétons construites pour les touristes du dernier millénaire, et les plus courageux démontent les paquebots de croisière d’un autre age : celui des éco-irresponsables.
Puis, les meilleures choses ayant une fin, le cœur léger, heureux du bien qu’ils ont fait à la planète ils prennent le chemin du retour. Un chemin dangereux car ils n’est pas rare que quelque pandore trop consciencieux ne les prenne pour des migrants.
Bon, arrêtons de rire. Une voiture ne sera jamais propre tout juste moins sale et le tourisme de masse ne sera jamais écolo, tout au plus, moins destructeur.
Les communicants nous prennent pour des cons mais… ça marche ! Ils arrivent toujours à nous fourguer leur camelote. Alors pourquoi se priver.
Le problème posé par le réchauffement climatique, la diminution de la biodiversité, etc.. En bref le problème écologique est plus que réel. Seulement, commencer à le résoudre voudrait dire remettre en cause notre mode vie consumériste et ça…
Il a commencé à pourrir la vie de certaines populations. Bon dans des pays pauvres et lointains alors on regarde ailleurs, mais parmi les migrants qu’on rejette à la mer il y a, déjà, quelques réfugiés climatiques.
Pensez à l’emploi ! (et à mes dividendes) C’est le discours de Trump. Il a le mérite de la franchise.
Le plus souvent le discours est bien plus hypocrite, malhonnête et recourt aux oxymores alambiqués pour atteindre le même but : les dividendes avant tout.
Dans ce domaine, celui qui résume tous les autres est probablement : La croissance durable. On ne dit pas quel taux serait souhaitable, mais n’importe quel collégien sait que quel que soit le taux c’est une exponentielle. Par exemple à 5 % par an il faut 14 ans pour doubler, en 28 on aura multiplié par 4, en 70 ans par 32 et en 130 ans ce sera par 1024.
Durable ? Vraiment ?
Brice




