Si vous êtes une gonzesse, un trans, un intersexe, peu importe votre « estampillage », vous avez déjà dû avoir à faire à un médecin ou un soignant en gynécologie. Les examens que vous avez subis, la plupart d’entre vous les avez mal vécus. Absence de dialogue, gestes mécaniques, jugement, sensation de viol, touchers vaginaux non consentis, brusquerie, refus de poser un stérilet aux « nullipares* »…
Nous sommes visiblement nombreuses à avoir été confrontées à des pratiques maltraitantes, sans trop oser en parler. Certaines se disent : c’est comme ça, c’est un mauvais moment à passer, c’est tout, je dois être un peu chochotte… Et d’autres renoncent carrément à tout suivi, à force d’y aller à reculons.
Eh bien les copines, ce n’est pas une fatalité ! Un rendez-vous chez le gynéco, ça peut aussi être un moment agréable, où on se sent écoutée, respectée, considérée, rassurée… Si, si !
Des praticiens respectueux, il en existe. Ce n’est pas la majorité, c’est tout.
Le parti pris du collectif Gyn&co (gyn and co), c’est justement de mutualiser les « bonnes adresses », par un système de partage et de solidarité entre les femmes. Leur principal outil est donc un site participatif.
Histoire d’une reprise en main
L’idée ne date pas vraiment d’hier. Au début des années 1970 aux États-Unis, est né le mouvement « self-help », créé par des femmes désireuses de partager leurs expériences et leur savoir sur la sexualité, la contraception, les accouchements, la ménopause… Elles cherchent à se réapproprier leur corps et commencent à contester les savoirs médicaux sur celui-ci.
Ces femmes pratiquent donc l’auto-examen : armées de spéculum en plastique, miroir et lampe de poche, elles observent seules ou collectivement leur vulve et leur col de l’utérus.
Ces pratiques traverseront l’Atlantique, et les femmes européennes vont commencer à « blacklister » les gynécos qu’il faut absolument éviter.
Liste blanche
Chez Gyn&co, pas de liste noire, on ne partage que le positif. Sur leur site, vous trouverez facilement un/une gynéco respectueux près de chez vous, répertorié géographiquement ou de par ses pratiques. Pour chaque professionnel cité, vous aurez justement le détail de ses pratiques, comme l’examen à l’anglaise, peu connu mais bien moins traumatisante que la fameuse « écartez les cuisses… » puisqu’on reste allongée sur le côté, en chien de fusil, souvent recouverte d’un drap. Plus de vagin à 2 cm du nez du praticien, avec la sensation désagréable de s’offrir involontairement.
Pour certains d’entre eux, les commentaires de la/les personne(s) qui les recommandent.
Pas très loin de chez nous, il y a Chantal Portail, à Sarlat, surtout pour les suivis de grossesses/accouchements, et trois praticiens cités sur Limoges, comme Marie Benacquista dont les internautes disent qu’elle est « douce », « bienveillante », « prévenante », et qu’elle pose des stérilets aux nullipares, ou encore Maud Levêque, pour « toute femme souhaitant être écoutée et respectée ».
En Corrèze, pas grand chose… Deux praticiens sur Brive et Malemort, sans commentaires laissés par les internautes. Mais cette courte liste ne demande peut-être qu’à être étoffée ? Alors si vous avez envie de recommander un praticien fiable, humain et respectueux, allez-y, partagez, on en a besoin, et branchez-vous sur le site : https://gynandco.wordpress.com.
- Nullipare : une femme est dite « nullipare » quand elle n’a jamais accouché… C’est un p’tit nom sympa, non ? Non ? Ben j’comprends pas…
Sousou





