2017. La police municipale briviste équipée d’armes létales. La mise en route d’un centre de supervision urbain (CSU) chargé de traiter les images du nouveau réseau de vidéosurveillance de la ville. Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle de Philip K. Dick exhumée par un passionné de S.F. aux lunettes grasses. Ni même du dernier film bourré de testostérone de Jason Statham. Mais bien des mesures adoptées par la municipalité « Soulier ». En fait, rien de bien original à l’heure de l’état d’urgence. Et même si l’échéance reste à préciser, le pas sécuritaire semble inéluctable.
« Fermez des écoles, vous ouvrirez les nouveaux locaux de la police municipale »
En son temps, feu Victor Hugo nous gratifiait d’un aphorisme pas piqué des vers : « ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ». Une source d’inspiration pour la municipalité briviste qui, toutefois, semble interpréter ses classiques dans un sens pour le moins… original. Ainsi, l’école du Pont Cardinal, finalement fermée pour la rentrée de septembre, accueillera, en juin prochain, les nouveaux locaux de la police municipale et le centre de vidéosurveillance (1). Il fallait bien cela pour suivre en direct les vingt-neuf caméras prévues dans douze quartiers « sensibles » (2) de la ville et la caméra mobile. Le tout pour un coût de 600 000 euros. Un investissement technologique complété par la mise en place d’un système de lecture automatique des plaques d’immatriculation et de verbalisation assistée par ordinateur (LAPI VAO).
En parallèle, les policiers municipaux, aujourd’hui équipés de matraques téléscopiques et de Tasers, pourront disposer d’armes de poing fournies par l’Etat dès septembre 2017. A condition de suivre une formation théorique et pratique. « Une nécessité » selon le maire de Brive, Frédéric Soulier, au vu du contexte actuel et de la présence des policiers municipaux sur les grands rassemblements.
Par ailleurs, une application Smartphone pour permettre aux Brivistes de solliciter la police municipale en temps réel devrait prochainement voir le jour.
Une politique sécuritaire assumée
Un virage sécuritaire à Brive ? Pas vraiment. Outre le contexte de menace terroriste martelé par les médias, la municipalité en place a toujours misé sur la sécurité. Avec la création d’une brigade de nuit, d’une brigade cynophile et l’adoption d’un « arrêté anti-mendicité agressive », le message semble clair : la police municipale, ça ne sert pas à faire du social !
Mais à Brive comme ailleurs, on se défend de réprimer. On vidéoprotège, on fait de la supervision urbaine. Certaines mauvaises langues diraient qu’on tente de rassurer l’électeur avec de la communication bas de gamme.
Des mesures à l’efficacité contestable
Sous l’ère Estrosi, Nice est devenue la ville la plus surveillée de France. Avec près de mille deux-cent soixante caméras, elle abrite le plus grand centre de vidéosurveillance du pays. Pourtant, les résultats en matière de sécurité des biens et des personnes sont parmi les pires. Et tout ça avant le 14 juillet dernier. L’influence positive de la vidéosurveillance sur la prévention de la délinquance, avancée par les tenants du projet briviste (3), ne serait donc qu’un argument de communication. Quel est donc le but de la manœuvre ? Electoraliste ? Idéologique ? D’ordre public ? Peut-être un peu de tout ça. Car l’électeur a peur au point de brader sa liberté. L’électeur a été biberonné au mythe de l’homme providentiel. L’électeur bouffe de la pub et croit en la solution miracle qui va résoudre ses problème en un tour de main. Et l’électeur a la critique facile. Pas étonnant que dans les municipalités, on joue au shérif en mode « tout est sous contrôle ». La vidéosurveillance, les armes pour les municipaux, ça montre qu’on prend le problème à bras le corps. Ça en jette et ça rassure.
Sauf que dans la vraie vie, communiquer sur ses gros muscles, ça ne suffit pas. Lien social, inclusion, vivre ensemble, c’est du travail concret de longue haleine. Ça nécessite de l’anticipation. Pas juste un gros titre dans Brive magazine et certainement pas une police municipale cantonnée dans un rôle de répression.
(1) http://www.brive.fr/index.php/accueil/conseil-municipal/les-deliberations/
Dixit Frédéric Soulier
http://www.brive.fr/index.php/accueil/conseil-municipal/les-deliberations/
Hilmar Braken




