« J’y suis prêt et vous ? »
Par françois Gaboreau
Il flotte en Méditerranée comme un parfum putride devant les serviettes des vacanciers. Je dénonce un crime contre l’humanité perpétré par la fermeture de nos frontières et le soutien de la traite volontaire sur ces galères. Des galions chargés de notre inhumanité. A l’heure où biens et monnaies circulent librement sur la terre entière, des familles brisées dans des pays en guerre s’y trouvent par nous enchaînées. Dans les camps ennemis nos armées bien payées assassinent. Je dénonce un crime organisé. Faut-il rappeler aux consciences l’étoile jaune du passé pour que toute cette misère ne soit plus ignorée, parquée, noyée… Accueillons. Réparti sur l’Europe entière, même un million par an ne serait rien sur les quatre-cent-cinquante millions que nous sommes. Il y a trente-six mille communes en France. Que seraient cinq personnes nouvelles ? Une famille ? Oui, de la richesse. De la richesse des cultures, de la richesse des langues, de la richesse des sourires retrouvés. Proposons des accueils d’urgences chez l’habitant, ici et ailleurs. J’y suis prêt et vous ? Et vous, messieurs les gendarmes viendriez-vous chercher dans nos campagnes ces gens auxquels nous avons planté dans le cœur l’étoile multicolore de la misère ? Ou ferez-vous comme certains en 44 ? Prenons le contre-pied, affrétons des bateaux, des bus, des trains. Un geste d’humanité et d’équité. Comme un juste retour des spoliations du présent et du passé.
François Gaboreau



