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La Trousse Corrézienne

LTC 3, Société · 4 septembre 2015

Comment ça marche ?

Lors de la mise en place de la réforme, on s’attendait à ce que le gouvernement fixe les nouveaux horaires scolaires sur l’ensemble du territoire. En effet, on imagine que, par classe d’âge, les besoins des enfants de Paris, Treignac ou Montcuq sont les mêmes. Et bien non. Mais alors, qui décide ?

Dans la mesure où les temps périscolaires sont à la charge des communes, ce sont elles qui soumettent à l’Éducation nationale (EN) la proposition d’organisation. Des phases de consultation ont été mises en place.

Pour cela, c’est le conseil d’école qui est mobilisé. Composé du directeur de l’école, des maîtres, de représentants de parents d’élèves, du maire et de son adjoint en charge de l’école, et d’un représentant de l’EN, il se réunit au moins une fois par trimestre. Le degré de concertation y est très variable selon l’école concernée. Ainsi, dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, dans certaines écoles, un vrai travail de consultation a eu lieu, quand dans d’autres la discussion s’est limitée à la réunion même du conseil. Surtout, l’avis du conseil d’école n’est que consultatif, la mairie pouvant soumettre un projet différent de celui défendu par les maîtres et/ou les parents.

Ce qui est intéressant, c’est que parmi les personnes rencontrées, globalement les enseignants décrivent une assez large concertation, avec les élus, les parents et eux-mêmes. Les parents disent tous n’avoir pas été consultés, mais pensent que certains parents, ou leurs représentants, l’ont été.

Enfin un nouveau sigle : le « PEDT »

Mais alors, comment l’EN valide ou non la proposition de la commune ? Et bien cela passe par le projet éducatif territorial (PEDT). Derrière ce terme se cache un simple dossier à remplir par la mairie, et qui contient les indications de nombre d’enfants par classe d’âge, les associations locales mobilisables pour les temps d’activités périscolaires (TAP)… et l’organisation horaire proposée.

On comprend bien que ce sont ces données qui orientent les choix des communes (voir article sur les TAP). Cela explique aussi pourquoi on trouve une telle diversité dans les modalités d’application des nouveaux rythmes scolaires1. Par exemple, dans un village près de Tulle, les TAP se déroulent sur le début de l’après-midi. Idem dans un village à proximité d’Objat, où une enseignante précise : « Finir les journées d’école à 15h30 est une aberration quand on sait que le pic d’attention de l’après-midi démarre vers cette heure-là. ». C’est pourtant le choix qui a été fait dans la grande majorité des écoles, comme à Ussel, où ce sont deux fins d’après-midi qui sont concernées, ou dans un village des Monédières, où l’on finit tous les jours l’école plus tôt chaque soir. À Brive, à partir de l’année à venir, les journées seront allégées d’une demi-heure chaque jour, et une après-midi par semaine les enfants termineront la classe dès 14h45. Benoît Hamon, lors de son passage éclair au ministère de l’Éducation nationale, a même rendu possible la concentration des TAP sur une demi-journée complète.

La communication à la rescousse d’un fiasco

La mise en place des nouveaux rythmes est source d’une telle diversité que c’est l’Éducation nationale qui, loin de reprendre en main les choses pour aller vers un meilleur respect des besoins de l’enfant, a changé sa communication autour des nouveaux rythmes. On ne parle plus d’allègement de la journée ni des quatre jours et demi d’école ; on parle de cinq matinées : pour un meilleur apprentissage, pour une meilleure organisation, pour un meilleur équilibre.

C’est pratique, l’art de la communication, non ? On s’est presque faites avoir, en travaillant sur ce dossier : on a cru s’être trompées : « Ah, mais non, c’était pas quatre jours et demi, c’était cinq matinées ! Pfff, on avait rien compris… » Heureusement que contrairement aux électeurs, Internet a de la mémoire…

Communications de l’EN en février 2013

Communication de l’EN en 2015 : vous avez vu, cette super organisation imaginée par l’EN où les enfants sont encadrés par 3 adultes en petits groupes ? Génial ! Dommage que ça n’existe pas en vrai…

1http://www.education.gouv.fr/cid66696/la-reforme-des-rythmes-a-l-ecole-primaire.html

2 les horaires de toutes les écoles sont consultables sur http://www.education.gouv.fr/pid29074/l-organisation-du-temps-scolaire-a-l-ecole.html?feuilleCSS=safari

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