C’est un copain du Cantal qui m’a fait suivre l’info : la société Salers-Biogaz a été condamnée en appel pour pollutions répétées et non-respect de la réglementation environnementale. Des problèmes sont apparus dès 2017 lors de la mise en fonctionnement du premier méthaniseur (voir La Trousse n° 38, p. 15), et se sont ensuite poursuivis. La magie de l’économie circulaire et vertueuse était, dans ce cas, un vent.
La société Salers-Biogaz (qui regroupe des investisseurs privés, mais aussi la communauté de communes du pays de Salers par l’intermédiaire d’une société d’économie mixte) est condamnée en appel, le 26 mars 2026, à une amende de 200 000 €, et à 150 000 € de dommages et intérêts, son dirigeant à neuf mois de prison avec sursis et 20 000 € d’amende (dont 8 000 avec sursis). Les deux méthaniseurs installés ne sont plus en fonctionnement depuis un moment et l’entreprise est en liquidation judiciaire, comme semble l’être aussi l’entreprise-mère Chadasaygaz.
France Nature Environnement, partie civile dans le procès, rapporte que « la cour estime que la construction du groupe CHADASAYGAS […] dans le secteur d’activité sensible des énergies renouvelables, interroge sur les motivations du prévenu, en l’absence de toutes compétences spécifiques dans ce domaine. Démontrant […] la volonté de ce dirigeant de bénéficier rapidement d’un retour sur investissement […] ».
Le projet s’est construit avec la participation de la communauté de communes du pays de Salers et des soutiens financiers de l’État débloqués, évidemment, après étude de dossier. Alors, « l’absence de toutes compétences spécifiques dans ce domaine » et les faiblesses techniques du projet, apparues très rapidement lors de la mise en service, ne pouvaient-elles pas se remarquer au stade de l’étude du dossier ?
Ce qui est agaçant dans cette histoire, c’est cette impression que plus c’est gros, plus cela passe. Plus on investit, mieux c’est. Vous allez voir ce que vous allez voir. On a vu. Si on pouvait se dire, une bonne fois pour toutes, que se méfier de la baguette magique est essentiel ! Il me semble pourtant que c’est bien ce qu’on apprend aux enfants non ?
Par MARIE-LAURE PETIT



