S’ouvre dans un nouvel onglet
Menu
La Trousse Corrézienne

LTC 1, Société · 1 mai 2015

Histoire de « Trop de charges ! »

Voilà ce qu’on entend à tout bout de champs. Mais de quoi s’agit-il ? Quand on s’y penche, l’histoire des charges est en fait celle des cotisations. Et l’essentiel de ces dernières finance la sécurité sociale pour tous. L’histoire d’un élan humaniste qui rencontre une vaste organisation nationale d’entraide.

Le début du siècle est marqué par la deuxième révolution industrielle qui fabrique les grands patrons d’industrie. Leur fortune se fait sur la plus-value : la différence entre la vente des produits et la somme du coût du travail et des matériaux nécessaires à la fabrication. Le maintien de la force de travail en état de produire devient vite une évidence. Ils sont nombreux dans le Sud-Est et le Nord de la France à constituer des caisses de solidarité pour les ouvriers blessés au travail ou ceux en charge de famille. De leur côté, dès 1830, les ouvriers de certaines corporations comme la boulangerie, font de même. Ils dessinent les prémices de la solidarité nationale.

Le 4 octobre 1945, le Conseil National de la Résistance crée la sécurité sociale. Elle est « destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain »1. Deux objectifs : universalité et unicité du système. Le deuxième ne sera pas totalement atteint. Les agriculteurs et les fonctionnaires auront un régime particulier, les artisans et commerçants n’en voudront pas. Néanmoins plusieurs lois iront dans ce sens jusqu’à la création du Régime Social des Indépendants (RSI) en 2006 sous le gouvernement De Villepin.

Dès leur création, la gestion de ces nouvelles caisses sera confiée à des organismes tripartites. Les trois quarts sont des représentants élus des travailleurs, un quart des employeurs et le tout sous l’égide de l’État. A la sortie de la collaboration vichyste, le rapport de force est clair. Les taux de cotisation sont désormais fonction du salaire, nommé dorénavant salaire brut. Actuellement, la répartition est la suivante : 29% du montant de ce dernier est dû par l’employeur et 7,5 % par le salarié. En 1990, pour faire face à la difficulté à financer le système, Rocard crée la CSG2. Prélevée à la source, cette dernière concerne toutes les rémunérations, même financières.

Ce faisant, en considérant l’importance nouvelle des revenus financiers, la CSG s’inscrit là dans ce qui fonde la sécurité sociale : donner les moyens de l’égalité (cf encadré). Mais le rapport de force a changé. Les gouvernements et les grands patrons organisent la privatisation. Ils favorisent les mutuelles3. Fini l’unicité : plus d’obligation de cotiser ! Fini l’universalité : si tu n’as pas souscris, tu payes. Fini la solidarité, la cotisation n’est pas fonction du revenu mais de l’état du client, plus il a de probabilité d’être malade, plus il « crache ». La question n’est donc pas celle du « trop » mais du « qui ? », du « quoi ? » et du « pour qui ? ».

Source d’information : http://www.securite-sociale.fr

Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945

« La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. »

  • 1 Extrait du préambule de l’ordonnance du 4 octobre 1945 : maternité, charge de famille, accidents, maladie, vieillesse.
  • 2 Contribution Sociale Généralisée.
  • 3 Juillet 2008 : Guillaume Sarkozy devient délégué général du groupe paritaire et mutualiste Malakoff-Médéric.

philippe van assche

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

Dans la même trousse

19 OGM autorisés en Europe

La Commission européenne autorise l’importation de 19 plantes génétiquement modifiées — un signal envoyé aussi au TAFTA.

1 mai 2015

Photomontage de Krep : un amphi dont les visages deviennent des bulles — « Quand je s’rai grand, j’veux prendre mon temps »

Être chômeur, ça se mérite !

La Trousse ouvre le dossier : c’est quoi un chômeur ? De quoi parle-t-on quand on parle de « catégories » ? Et si ce n’était pas une maladie ?

1 mai 2015

Couverture de « L’agneau qui ne voulait pas être un mouton » (Syros Jeunesse)

L’agneau qui ne voulait pas être un mouton

Un livre pour enfants qui parle de solidarité et de résistance — « ensemble nous sommes forts ».

1 mai 2015

Articles récents

Dessin d’Herbette : Donald Trump reçoit un paquet cadeau « LMB » des mains d’un homme en costume — « Formidable, thank you! »

Vente de LMB Aerospace à Malemort

Le Parti communiste français (PCF) – section de Brive a fait parvenir le communiqué de presse ci-dessous à La Trousse corrézienne en février dernier. Nous lui posons en retour quelques questions dans l’encadré qui figure en bas de page.

17 octobre 2026

Illustration : un panneau « DÉVIATION » jaune et noir à la peinture épaisse.

Déviation de la RD 901 à Varetz : une opération qui interroge

Le 12 juillet 2024, le conseil départemental de la Corrèze a décidé, à l’unanimité, de retenir le tracé de la variante numéro 1 et donc de relancer à l’identique un projet datant de plus de 30 ans.

17 octobre 2026

Aquarelle de Bernard : la vache Mounette, une fleur à la bouche.

Vachement bien…

C’est l’histoire d’une vache qui dépérissait au fond d’une étable, faute de bons soins sans doute. Paul l’a vue et il n’a pas aimé ça, alors il l’a achetée. Il l’a amenée chez lui, il l’a retapée, il l’a baptisée Mounette et chaque année ensuite,…

17 octobre 2026

✕
Fermer le menu
Les rubriques
LE JOURNAL
♥ Soutenez-nous : faites un don !S'abonner au journal