
SOULARUE Dernières nouvelles de la lutte contre la déforestation massive engagée par Sylvamo et American Paper 1 dans les boisements limousins de résineux et de feuillus, avec la complicité évidente de l’État et de ses représentants (cf. les Assises de la forêt et du bois en Limousin qui ont eu lieu à Sédières cet automne avec : Fibois 2 , le centre national de la propriété forestière, le président du conseil départemental de la Corrèze, le représentant de la région Nouvelle-Aquitaine).
On réécrit la charte du parc dans le domaine forestier !
Quel scoop ! Ça, c’est un outil de bonne gestion, de mise en valeur, de protection, de sauvegarde d’un écosystème des plus complexes à cette échellelà, avec ses variétés d’essences de tous âges et de tous états. Merci au comité de pilotage (un syndicat) du parc naturel régional (PNR), merci ! Je ne suis pas dans l’ironie, mais bien dans la lassitude et la consternation. On sait tous désormais, dans le monde associatif sérieux, ce que vaut « une charte » (un papier) dont aucune des clauses n’est opposable aux tiers quand il faut aller en justice.
C’est un document de bonne conduite, et de bonnes intentions comme en est pavé l’enfer : celui des arbres centenaires dans la tourmente d’une guerre que leur livrent les abatteuses, les porteurs, les pelleteuses, les bulldozers, laissant « Verdun » derrière eux.
Des chartes de bonne conduite, en matière d’exploitation forestière, nous en avons déjà signé, sous l’égide de l’ancien conseil général, et des préfets qui passent. Regardez les chemins, les bois, les routes, les ruisseaux, les zones humides et le pillage opéré par les coupes rases… surtout dans le PNR et ses 300 000 ha sur plus de 120 communes !
Regardez, regardez donc !
Point n’est besoin d’un drone. Baladez-vous de
La Trousse corrézienne : perte de financement, et après ? Par LA TROUSSE CORRÉZIENNE Comme tous les ans, en mars 2024, La Trousse dépose une demande de financement auprès des services de l’État, au titre du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité. « J’ai le regret de vous informer qu’après examen, votre demande n’a pas été retenue, au regard de la fragilité du modèle de diversification des ressources et l’impossibilité de développer un modèle économique soutenable dans la durée. »
12 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 54
Meymac à Peyrelevade… Tarnac… Saint-Merdles-Oussines… Surtout, prenez bien les petites routes ! C’est là qu’on réalise le massacre, avec les montagnes insensées de rondins de bois de trituration, de rondins de bois de palette, de billons de tous gabarits et de grumes de grande taille. Les feuillus ne sont pas en reste, hélas, vous verrez !
Alors, votre charte, vous pouvez la garder. Elle a un parfum d’impuissance et d’hypocrisie. Sylvamo s’en fout, c’est clair.
J’en finirai avec une petite anecdote vécue par l’élu municipal que je fus à trois reprises : dans les années 1995-2000, un grand massif était rasé dans la commune de D. La voirie avait été lourdement dégradée par les manœuvres des engins forestiers et des grumiers avec leurs stabilisateurs chemin rural de randonnée avait été détruit… ni le propriétaire, ni l’exploitant ne voulaient entendre parler de restauration des lieux. Après moult tractations, la commune, son maire et son conseil décidaient de faire appel au tribunal. Il existait bel et bien une charte de bonne conduite portée par le département en matière de « pratiques forestières »…
La commune a été déboutée et a dû faire réparer à ses frais les dégâts importants occasionnés.
Une charte n’est pas opposable aux tiers. Elle ne permet aucunement de conduire une bonne politique de gestion en qualité et en quantité d’un massif forestier.
C’est le courrier reçu le 4 décembre 2024 en réponse à notre demande. Car, oui, on reçoit le NON en fin d’année pour l’année en cours : on n’a peut-être pas un modèle économique soutenable, mais on arrive à avoir une année d’avance. Avec un emploi, à temps partiel certes, mais quand même.
Modèle économique soutenable Ce qui est très drôle, c’est la mention « après examen ». Merci ! Des fois que l’on croirait que nos dossiers ne sont pas examinés. Car en fait, oui, cela a été le cas en 2023… ce qui n’est pas légal. La décision d’attribuer ou non une subvention est certes discrétionnaire, mais il faut tout de même examiner les dossiers déposés. Ce courrier, donc, donne un très joli
Cinq axes opérationnels sur le terrain et auprès Millevaches… Bonnefond… des « responsables » pourraient être mis en œuvre dans cette lutte si nécessaire :
a) Faire en sorte que les chartes soient opposables aux tiers. b) Embaucher un maximum de juristes de l’environnement dans les associations qui se battent pour la forêt, ses écosystèmes et la biodiversité. c) Engager France Nature Environnement et son excellent président, Antoine Gatet, dans la lutte en réseau. d) Engager le Conservatoire des espaces naturels Nouvelle-Aquitaine dans cette bagarre essentielle pour la biodiversité (une gageure quand on voit la composition de son CA !). e) Engager le président du PNR (et sa petite charte), et surtout son mentor, François latéraux hydrauliques… un Hollande, dans la bagarre pour la forêt, en tant que député, pour le « Pays de l’arbre et de l’eau », comme dit le menteur du conseil départemental 3 . Le silence Hollande, en la matière, est assourdissant !
1. Sylvamo, leader mondial de la production de papier, possède l’usine de Saillat-sur-Vienne (86) près de Saint-Junien. American Paper est une autre multinationale du papier, américaine également. 2. Voir Trousse n o 53, p. 6 « Fibois a fait son show ». 3. Coste se jette dans tous les CA, même avec des compétences réduites dans bien des domaines… il ne sait ni protéger la ressource en eau, ni la ressource forestière.
argumentaire : « fragilité du modèle de diversification des ressources » et « modèle économique non soutenable ». Cela nous fait rigoler. Comme si la presse écrite avait un modèle économique « soutenable » sans aide. La presse est en crise depuis longtemps et elle est soutenue par les pouvoirs publics depuis longtemps également. C’est sûr qu’elle est davantage « soutenable » quand des investisseurs économiques décident de se monter un porte-voix politique en achetant un titre ou un groupe. Dans le cadre du fonds de proximité, « 131 médias ont été soutenus en 2023, pour un montant de 1,9 million d’euros », soit entre 5 000 € et 20 000 € par média soutenu. Sur la même période, d’autres journaux, plus gros, ont
DANIEL





