
l’enquête citoyenne Par MARIE-LAURE PETIT
silencieusement,
d’avoir accès aux contributions informatiques (1) . Durant les deux mois d’été, six personnes s’organisent, lisent, classent et rédigent une synthèse la plus fidèle possible des cent-neuf contributions collectées. « Nous souhaitons ne pas être tenus à l’écart de la gestion des ressources essentielles » Les habitants veulent être partie prenante de la définition de projets qui les impactent : « Je trouve choquant qu’on estime que l’habitant n’a comme seul pouvoir que d’élire des élus municipaux, puis de ne plus être informé de rien. » « Nous souhaitons ne pas être tenus à l’écart de la gestion essentielles. » Ils interrogent les usages et les économies d’usage d’un bien commun, l’eau : « Enfin, il n’est jamais envisagé de faire des économies d’eau potable alors que cela serait tout à fait souhaitable et surtout faisable » ; « Déféquer dans notre eau potable et la rendre ensuite propre à la consommation, cela coûte un prix énorme et c’est abject quand on y réfléchit. » Ils mettent en évidence les carences une de l’étude : « Il semble que les auteurs de l’étude aient délibérément exclu tout captage souterrain » ; et la vulnérabilité d’un projet de ressource unique : « Il faut privilégier la diversification et non la ressource unique avec tous les risques qu’elle comporte (pollution de la rivière, rupture de l’approvisionnement électrique, accidents mécaniques, etc.). » Ils refusent l’abandon des captages actuels, dénoncent l’absurdité de faire remonter l’eau
des ressources
sur les plateaux à plus de quatre-cents mètres de dénivelé par pompage, et le coût « pharaonique » de l’opération : « Pourquoi ne pas faire venir de l’eau de mer, nous aurions l’eau et le sel… et peut-être même que les mouettes suivraient… » Des contributions relèvent l’absence du sujet de la radioactivité : « Rien sur la radioactivité et la pollution uranifère de la Glane de Servières » alors qu’il est fait grand cas de l’acidité de l’eau et de la nécessité de la reminéraliser. Les contributions sont riches de l’ouverture qu’offre le collectif. Le 19 septembre 2022, une centaine de personnes participent à la présentation des résultats de l’enquête ; une centaine de personnes qui échangent dans l’écoute de l’autre, avec une volonté claire d’être acteurs et actrices du projet et non de le subir. Une belle enquête, des paroles fortes, des informations intéressantes, un respect de chacun, un beau moment. Il en est issu une association déclarée EAUX Actes en XV’D, pour poursuivre l’appropriation des enjeux et la participation citoyenne sur la gestion de l’eau, dont tous les participants ont conscience que c’est un bien commun qu’il faut défendre contre l’appétit de ceux qui veulent en faire une marchandise. La participation des citoyens est source d’amélioration pour le projet et non pas un frein.
https://ecxvd.wordpress.com/. (1) Voir La Trousse n° 42. (2)





