
C’était le 22 janvier, lors de la réunion cantonale à Argentat-sur-Dordogne. Cent-cinquante personnes environ écoutaient, attentives, la présentation par notre président départemental du projet d’aménagement des gravières en Réserve Départementale de Biodiversité, inscrite au CTE départemental.
« Pourquoi le Département a-t-il souhaité investir sur un Espace Naturel Sensible (ENS) ? » interroge M. Coste, « Parce que, depuis dix ans, nous n’en avions pas » répond-il tandis que M. Coste affirme que « des sites comme celui-ci, on ne peut en acquérir que très peu ». Le Cantal, département voisin, dispose d’un réseau d’ENS (Espace Naturel sensible) de 3000 ha en quatorze sites… Mais ce doit être plus facile chez les voisins !
« On ne veut pas faire comme les autres départements : sanctuariser avec des interdictions d’accès au public. L’écotourisme est un enjeu pour le département et on veut ouvrir ». OK, en gros, nous on fait tard, mais mieux !
Rappelons juste à M. Coste que la loi oblige l’ouverture du au public. Aucun ENS ne peut être sanctuarisé !
Une habitante s’inquiète de la réalisation des travaux d’aménagement en période de nidification. M. Coste demande « Connaissez vous la première cause de disparition des oiseaux ? » Silence dans la salle… Et sa réponse est « (…) les vitres, les baies vitrées contre lesquelles se fracassent les volatiles. »
Les pratiques agricoles ? Pfff, inconnues au bataillon des causes, alors même que les chercheurs les pointent comme causes essentielles (1).
Mon choc le plus important lors de cette réunion a été les paroles de notre président qui s’énerve d’entendre « les gens qui ne sont pas d’ici nous dire ce qu’il faut faire » car « Nous on est restés ! » et qu’il voit dans « de nombreux jeunes qui arrivent » des jeunes venant des ZAD « voulant créer des ZAD ici ! ».
Un jeune couple participant au débat précise, agacé : « Nous sommes nés en Corrèze et nous habitons la maison de notre grand-mère… »
Je me suis demandée qui j’étais, moi ? Arrivée il y a trente cinq ans et n’étant pas née là. Entendre de telles affirmations en public de la part d’un responsable politique est particulièrement choquant.
Marie-Laure Petit




