
Sous la culotte des filles, une rubrique ouverte, prête à accueillir toutes les folies ! Je me sens inspirée pour aller voir ce qui se passe dans le… slip des garçons !!!!
Balustines et compagnie
Dans leur caleçon, se dresse une montagne d’épopée fantastique faisant de leur bite un mythe, de leur quéquette une conquête.
Bite et quéquette c’était juste pour les rimes, car je ne trouve pas ces termes appropriés pour faire l’éloge des trésors des calebars de ces messieurs. Couille encore moins ! Zguègue, zob, teub, pine, burnes, balloches, balustines ne m’offriront guère de satisfaction pour la description des dessous de leurs jupons.
Pourtant, en m’approchant du sujet afin de l’emballer de ses plus beaux atours, je découvre une farandole d’expressions pour en faire son apologie. L’ensemble pénis-testicules est décrit de façon si imagée que l’on pourrait en parler en poète fasciné devant un paysage bucolique : dans la verte vallée, le petit oiseau frétillant, perle de rosée pour le bonheur des dames. Les abeilles butinent au gré des fleurs de la prairie. En contrebas, les grelots des campanules scintillent au soleil levant, alors que plus loin sonne la flûte enchantée, les joyeuses se réveillent pour devenir valseuses. Les roucoulades s’entendent à tout va ! Tel le bras de vénus se tendant vers l’horizon pour offrir les bijoux de famille dans un écrin d’argent, le membre galant se bande aux pépiements des désirs. Je suis en train de louvoyer dans un nuancier d’expressions en héritage d’une époque où la courtoisie et la pudeur empêchaient de s’épancher librement sur ce sujet. Pourtant, tous adoraient parler de la « chose » à demi-mot et en sourdine. On utilisait facilement un sobre langage : on pouvait par exemple tremper son pain au pot comme si de rien n’était. Le parler populaire n’a pas manqué d’imagination pour parler de la gaudriole et des bijoux des bonshommes. Souvent le vocabulaire culinaire servait à ces insinuations : le service trois pièces évoquait la verge et les testicules. Les aliments alimentaient toute cette imagerie : poireau et figues, cèpe et rognons, carotte et échalotes, olives, prunes, noix et noisettes… À une époque plus tardive on parlait de banane, chouquettes, pralines ou bonbons. Une myriade de délices pour parler de cette bistouquette affublée de coucougnettes. Au pays de la roubignole, de quoi devenir folle à dévorer les voisines du dessous.
Ma lampe merveilleuse me susurre à l’oreille qu’il serait bon de ne point oublier que dans ces caleçons, attendent en berne de victorieux conquérants, des braquemarts en puissance. A vous vaillantes sentinelles de rentrer en scène sur le théâtre des opérations ! Gourdin en main, mise en place des engins, le garde-à-vous n’est pas loin, prêt à donner l’assaut et trouver fourreau de chair. L’arsenal de guerre est mis en branle, l’artillerie lourde est de sortie. Les coups de bélier sont donnés, les dagues sont levées. L’invasion a lieu. L’état d’urgence est maintenu coûte que coûte. Les coups de trique se poursuivent. Les piquets sont maintenus en l’air jusqu’à l’assaut final. Les terriers roses sont prêts pour recevoir l’épanchement du nectar tant attendu. Ça yoyote dur de la touffe ! La terre promise est enfin conquise et célébrée par un déferlement du suc fertile. La fierté des assaillants s’est répandue partout. La bête à deux dos a fini son cirque. Le chapiteau est dégonflé. Et maintenant les puissants se font tout petits et se mettent au lit. Au bal des petits lits blancs, Popaul est de retour. Il attendra de se faire lécher à nouveau le miel sur l’épine ou de se la faire passer à la feuille d’or. La gaule reviendra, « la bandaison papa ça n’ se commande pas. » (1). Pendant le repos du guerrier, un tipi se dressera certainement pendant la nuit. Les tumescences péniennes nocturnes sont les succursales du septième ciel. C’est banal la trique matinale me direz-vous, le grand frisson existe toujours dans le slip des garçons !
(1) chanson Fernande de Georges Brassens
Yoéva





