
Retour sur les Rencontres de Meymac
En quasi unique « régional » de l’étape nous avons enfin participé aux rencontres nationales des médias libres et du journalisme de résistance qui se sont déroulées fin mai à Meymac. Nous vous en proposons une lecture par Bluboux du Lot en Action et déjà « vieillard » de la Coordination permanente des médias libres (CPML)
Deux constats s’imposent au fil des années : la Haute-Corrèze est magnifique, mais tellement au nord que son climat est proche de celui de la pointe de l’Écosse, voire de l’Islande. Le second est que ces rencontres sont vraiment indispensables et apportent une bouffée d’oxygène aux acteurs des médias libres. Car les deux jours réservés aux rencontres professionnelles (le samedi étant largement ouvert au public) permettent d’échanger, d’apprendre à se connaître, d’intégrer les nouveaux venus, et de travailler ensemble sous la forme d’ateliers thématiques allant de la « déontologie » aux « revendications » concernant le fonds de financement des médias de proximité, en passant par la « mutualisation de contenu » et aux « méthodes d’éducation aux médias ».
Si le sujet des médias libres vous intéresse et que vous souhaitez en savoir davantage sur la CPML, nous vous invitons à lire l’interview (1) de Benjamin Ferron, publiée sur le site de l’INA (Institut national de l’audiovisuel), consacrée à notre coordination. Benjamin est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Est Créteil. Il est notamment co-auteur des Amateurs dans les médias (Presses des Mines, 2015) et travaille depuis une quinzaine d’années, selon différentes approches, sur les médias alternatifs, dont la CPML. Il y porte un regard critique (approche universitaire) sur le monde des médias libres.
Nous vous invitons également à lire le long article (2) publié par Acrimed (l’Observatoire des médias), consacré aux projets de Macron pour les médias et l’audiovisuel public. Arrivé à l’Élysée, le candidat « forgé » par les médias dominants ne sera certainement pas ingrat et risque fort de protéger encore un peu plus les nouveaux chiens de garde.
Enfin, nous publions ci-dessous le communiqué de presse coécrit à l’issue de ces 6èmes rencontres de Meymac. Et vous savez quoi ? Vive les médias libres !
Notes
(1) Sur le site de l’INA à l’adresse suivante : http://bit.ly/2qpxTwc
(2)Sur le site d’Acrimed : http://bit.ly/2s6wuuL
Antisocial, Macron truste les médias…
L’ubérisation de l’information pas question !
Communiqué de la CPML
Macron / Le Pen : la finale de la présidentielle en dit long sur l’état de la « démocratie » et la déliquescence du paysage médiatique, laissant le champ libre à l’extrême-droite et à l’ultralibéralisme.
Maintenant qu’il est élu, la Coordination des Médias Libres réunie pour la sixième année consécutive à Meymac en Corrèze du 18 au 20 mai 2017 ne peut que s’alarmer du projet qu’il porte pour notre secteur, en particulier le financement et l’organisation de celui-ci.
Comment ne pas s’inquiéter lorsqu’une proche de Macron déclare : « La présence d’actionnaires industriels et financiers au capital de groupes de presse est une réponse aux difficultés économiques ». Encouragement à la « migration numérique », mise en place de « trusts » de presse assis sur des fondations privées, simplification de la « réglementation audiovisuelle en matière de publicité » pour préparer le « basculement vers le numérique »… Sans parler de la
« réforme » annoncée du Code du travail. Rien de nouveau !
Nous, médias libres, citoyens, participatifs, « pas pareils »… connaissons trop bien l’ubérisation en marche et refusons de la voir se généraliser. Nous ne voulons pas que l’auto-entrepreneuriat, le non-respect des conventions collectives, des minima syndicaux, des droits les plus élémentaires des travailleurs deviennent la règle.
Certes, nos « entreprises » sont intrinsèquement engagées, souvent bénévoles, toujours désargentées et conjuguant inventivité et bricolage. Mais nous ne saurions accepter que la servitude volontaire s’impose comme une contrainte à toutes et tous.
Depuis 2015, le ministère de la Culture et de la Communication a mis en place un fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité. C’est un geste encore trop modeste : 1,5 million à partager entre plusieurs centaines de médias. Nous revendiquons une refonte totale et plus équitable des aides à la presse pour que soit garanti le pluralisme médiatique. Avec des moyens pérennes pour faire notre métier et pas un empilement de projets !
À ce titre, nous prenons acte de la nomination au Ministère de la culture d’une éditrice qui s’est principalement illustrée dans une logique purement économique. Nous ne voulons pas, comme elle, changer le papier en or. Simplement travailler dignement et librement.
La séquence électorale que nous vivons confirme ce besoin d’information, d’analyse et de critique sociale. Pas une information en continu, aseptisée, standardisée, uniformisée. Mais une information pour éclairer, faire vivre le débat d’idées et donner la voix aux sans-voix. Nous ne savons que trop bien que lorsque celles et ceux qui font les médias sont précaires, l’information peut être sommaire. Alors, monsieur Macron, l’ubérisation de l’information, pas question !
Bluboux




