Après l’Allemagne, c’est la Suisse qui dit non au nucléaire
Les Suisses étaient appelés aux urnes le dimanche 21 mai dernier, pour accepter ou non la « Stratégie énergétique 2050 ». Le « oui » l’a finalement emporté avec 58,21% des voix.
Les Suisses veulent donc renoncer à moyen terme au nucléaire en soutenant le courant vert et en économisant l’énergie, puisque le plan « Stratégie énergétique 2050 » vise, ni plus ni moins la sortie du nucléaire et son remplacement par les énergies renouvelables. Rappelons que la Suisse compte cinq réacteurs nucléaires, répartis dans quatre centrales.
Pour y parvenir, la première étape soumise au peuple mise sur une augmentation de la production des énergies vertes à 11 400 gigawatts d’ici 2035 (date prévue pour la fermeture définitive des centrales nucléaires alpines).
La consommation d’énergie annuelle devra être réduite de 43% par rapport à 2000, celle d’électricité devra baisser de 13% et les bâtiments devront devenir moins énergivores. Mais les efforts demandés à la population ne sont pas nouveaux ; depuis 2000, la consommation individuelle d’énergie a déjà baissé de 14,5% selon l’Office fédéral de l’énergie (OFEN).
Depuis l’accident de Fukushima, la Suisse est donc le deuxième pays européen, après l’Allemagne, à renoncer au nucléaire. Pourtant la France semble loin de vouloir abandonner l’énergie nucléaire, comme l’a souligné Stéphane Lhomme sur les ondes de la Radio Suisse (1) au lendemain de la votation. Il doute en effet de la volonté de Nicolas Hulot, le nouveau ministre d’État en charge de la Transition écologique au sein du gouvernement d’Emmanuel Macron : « Je ne lui accorde pas de crédit sur cette question. Il a toujours été extrêmement ambigu, sa fondation est sponsorisée par EDF. Il n’a aucune intention de se mettre en travers du chemin du Premier ministre Edouard Philippe, qui vient d’Areva. »
Notes
(1) Lire à ce sujet l’article « La France s’interroge après le vote suisse », Tribune de Genève du 22 mai : http://bit.ly/2q7dY92
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