
Local Collectivités territoriales : Par A et ML L’avènement du numérique, en particulier des réseaux sociaux, accroît le nombre de supports de présentation de l’information, mais semble la rendre plus difficile. Est-ce l’unique cause de la coupure s’agissant d’information entre une collectivité et les habitants ? Un exemple ci-contre montre que la matière qui est communiquée a été tamisée selon des critères laissés à l’appréciation des élus. Ce traitement de l’information, conçu comme un entonnoir, engendre volontairement ou non un appauvrissement de celle-ci. Alors qu’aujourd’hui l’expression « démocratie participative » est sur toutes les bouches, bien communiquer et informer est essentiel.
Des attentes et des contraintes
D’après le rapport du Baromètre Epiceum & Harris Interactive de la communication locale 1 , à l’échelle nationale on note : « De manière générale l’information locale est jugée suffisante par une majorité de Français […], néanmoins ils ressentent un certain manque d’information sur la question des budgets des collectivités, les réformes territoriales et le prix des services publics », et, « si les répondants à notre enquête n’ont que peu entendu parler de dispositifs de participation citoyenne à l’échelle nationale, ils sont encore moins nombreux à se sentir bien informés sur les concertations citoyennes organisées près de chez eux. »
Si les habitants disposent souvent des informations pratiques collectivités communiquent leur budget de façon très simplifiée, diagrammes ne facilitant pas une analyse autre que celle proposée. Les supports les plus populaires et les plus consultés sont les journaux des collectivités. Mais il est fréquent que les décisions des conseils municipaux n’y soient pas listées. Il est vrai que certaines informations sont consultables sur le site Internet ou sur demande au siège des collectivités. Mais cette démarche n’est pas toujours connue des habitants et n’est pas forcément facilitée sur place. Quant aux concertations citoyennes, souvent organisées une fois le projet avancé, elles ne font généralement pas l’objet de compte rendu et influencent peu les décisions prises. Les
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habitants ont donc l’impression de ne pas être entendus. Du côté des agents municipaux, on véhicule parfois un discours défaitiste attribuant le désintérêt des habitants à un manque de volonté de chercher l’information dans les canaux informatifs de leur ville. S’il peut en effet exister un désintérêt pour l’information locale, le manque de communication concrète provoque sans doute de la lassitude. Il est vrai que souvent, dans les petites collectivités, il n’y a pas le nombre d’agents suffisants – voire pas d’agent – dédiés à cette tâche chronophage qu’est la communication. Collecter, rendre digestes et hiérarchiser les informations, les mettre en forme puis en adapter le discours en fonction investissement nécessaires, les collectivités, particulièrement les petites et moyennes communes, ne peuvent ou ne sous forme de veulent pas engager. Surtout, le choix des informations mises en valeur par les édiles peut contrarier : celles attendues n’y sont pas ou sont tronquées ; le doute s’installe alors et, à la longue, contribue au désaveu électoral. Changer la vision du travail de communicant





