
Ce rap est né d’une colère, alors que ma conseillère de Pôle emploi venait de me proposer un emploi d’agent d’entretien. Et comme si m’en libérer avait déverrouillé les choses, ce même Pôle emploi m’a proposé une action autour du théâtre qui s’avère être une aventure incroyable. Je salue l’initiative mais le système reste le même, voici donc mon texte, un poil édulcoré…
Allez, j’suis énervée, c’est peut-être le moment de rapper. Ça me fait de la peine mais ce système me malmène. J’ai même un peu la haine. Là tu m’vois j’suis en train de glander, enfin c’est c’que tu croyais avant de m’voir essayer de bouger. Corps statique, car j’ai trouvé une position qui trop ne me pique. C’est sûr ça a l’air bien d’être calée avec un bouquin, beaucoup moins d’y être contraint. Me lever va être l’enfer, mais pas le choix, faut s’y faire. Là, j’suis en crise, c’est le biz, des fois ça va et d’autres j’galère t’imagines même pas. Et c’que je te montre de moi c’est rarement ce côté-là. Pourquoi ? Parce que ça me fout le seum de me montrer avec une canne et d’voir ton minois qui ricane en croyant que c’est une vanne. « Mais attends, j’comprends pas, je l’ai vu danser le week-end dernier ? » Ben ouais. Et aujourd’hui j’ai eu du mal à m’habiller. Pourtant je vais continuer à danser, jardiner, marcher, dès que mon corps le permet. C’est dans ces moments-là que je trouve de la joie et crois-moi, sans elle je n’existerais pas.





