
Quelle ne fut ma révélation en lisant l’autobiographie de Trotsky 1 ! La Trousse est précieuse ! Trotsky trouvait ou créait un journal pour s’exprimer où qu’il soit, quelque fut la durée de son séjour. Cette activité a été omniprésente jusqu’en 1919, fin de la guerre civile en Union soviétique. C’était son arme. Belle réussite ! On comprend mieux pourquoi Bolloré et ses comparses ont accaparé tous les médias. Mais non pas tous, il en reste encore ! Si François Ruffin a réussi en politique, son journal Fakir a été créé bien avant, dès 1999. Et nous avons La Trousse ! Depuis la lecture de son livre, le fantôme de Trotsky ne cesse de me souffler à l’oreille : « Vous qui lisez ces lignes, venez nous rejoindre. » Correcteurs, illustrateurs, diffuseurs, organisateurs, penseurs, rêveurs, rédacteurs, hâbleurs, détonateurs, brèveurs en comptoir, venez, venez prendre soin de La Trousse. Ce journal est à nous, offrons-le à nos amis, diffusons-le dans notre voisinage, venez y participer pour qu’il perdure. C’est simple, c’est facile, c’est efficace. Grains de sable dans le collimateur, serronsnous les coudes pour boucher le tuyau de l’aspirateur. Expression en avant toute, La Trousse diffuse. C’est dit, mon Trotsky !
1. Léon Trotsky, Ma vie, Folio, 1973 [1929].
6 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 47
les déchets recyclables 3 . On surdimensionne nos infrastructures, car il nous semble évident que nous allons devoir traiter plus de déchets. En ce moment nombre de communautés de communes, en France, sont en train de voter des projets pharaoniques pour inciter les populations à diminuer leurs déchets. En Xaintrie, par exemple, Corrèze Environnement siège dans le collège société civile 4 ! Mais pour avoir lu le Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés 2022-2027, je peux vous assurer qu’il n’est mention nulle part des déchets produits par le renouvellement induit de l’intégralité du parc de gestion des déchets, il y a peu de leviers sur les déchets industriels, rien sur le tourisme. On se demande si le but est vraiment de réduire les déchets ou juste de changer la répartition des coûts. La terre est un écosystème en boucle, « l’eau opère un circuit fermé qui est le même depuis des milliards d’années. L’eau des mers s’évapore dans l’atmosphère sous l’effet de la chaleur du soleil. Elle forme ensuite des nuages qui vont se déplacer sous l’impulsion des vents 5 ». Il n’y a pas de création d’eau, nous polluons cette seule eau qui existe, tout comme l’air, tout comme la terre. Il n’y a pas d’ailleurs, il n’y a pas de lieu où nos déchets devraient être. Enfouis, brûlés,
sauvages, les déchets affectent l’environnement. Il y en a qui se voient et d’autres qui se voient moins.
Mais alors il n’y a pas de solution ? Si, accepter que notre mode de vie pose problème, le changer, complètement. Arrêter de vouloir trouver des solutions technologiques à des problèmes sociaux. Ne pas se monter les uns contre les autres. Discuter, coopérer, se soutenir, localement. Pas de réformisme, et vive le compost !
1. Pour déconstruire la distance entre l’homme et la Nature je conseille La Cosmologie du futur d’Alessandro Pignocchi. 2. Guillaume Pitron, « Un téléphone portable ne pèse pas 150 grammes, mais 150 kilos », Reporterre, 2 octobre 2021 (urlr.me/TyhdY). 3. L’usine d’incinération d’Égletons est reliée au réseau de chaleur de la ville, qu’elle alimente en énergie ; elle produit aussi de l’électricité. 4. « Programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés 2022- – 2027 », Xaintrie Val’Dordogne, avril 2022 (urlr.me/94kyx). 5. « Le cycle de l’eau : le voyage de l’eau à travers la terre », Le Centre d’information sur l’eau (urlr.me/ JRmQT).
FIFI PONS





