
Jarmusch tente de renouveler sa recette du ciné-polaroid, mais elle prend un goût amer. Parce que la Terre ne tourne plus rond — littéralement — les morts de Centerville sortent de terre. Commence alors une errance sans but du shérif (Bill Murray) et de ses adjoints (Adam Driver & Chlöé Sévigny), pendant que les personnages secondaires, attachants au demeurant, meurent un à un. C’est là que le bât blesse : le film fait le grand écart entre indolence et violence. Même si on nous épargne l’hémoglobine, la sauce ne prend pas et devant l’absence d’enjeu narratif, notre appréciation du film dépendra avant tout de l’humeur du moment : mal assis avec une douleur au genou, votre critique a passé un mauvais quart d’heure final. L’affiche promettait un « casting à réveiller les morts » (Iggy Pop, Danny Glover, Tom Waits, Steve Buscemi, Tilda Swinton…), mais ce n’est pas parce que Jarmusch peut faire tourner ses amis au rabais qu’il doit les sous-utiliser. Quant à l’humour pince-sans-rire parodique, il passait mieux en bande-annonce qu’après cette distillation de cent-vingt minutes.
Goulven



