
Qu’ai-je retenu des deux stages Vipassana auxquels j’ai participé en 2014 et 2018 ? Plutôt qu’un but ultime à atteindre, cette technique de méditation est un chemin. Un chemin vers une vie meilleure, débarrassée des ennuis, des malheurs, le plus possible. Il ne dépend qu’à soi de l’emprunter, ce sentier sur lequel on cherche le bonheur à l’intérieur de soi. Cela ne veut pas dire sombrer dans l’inaction béate face à l’adversité extérieure.
Le premier stage dure dix jours exactement. Qu’est-ce qu’on y fait ? D’abord on respecte un code de conduite nommé sila : ne pas parler, ne pas tuer, ne pas avoir de relations sexuelles, ne pas voler, ne pas s’intoxiquer (alcool, tabac, …). Moi en 2014, j’avais déjà arrêté de fumer, cela n’a donc pas été trop difficile de me plier à cette discipline. Puis, on se concentre en silence sur les sensations, d’abord sur la respiration – anapana – puis sur le corps entier – vipassana. En expérimentant le fait de rester équanime – sans réaction – ni aux sensations agréables, ni aux sensations désagréables, on expérimente pañña, la sagesse.
Utiliser cet exercice dans la vie courante est immédiat : un événement me déplaît, ça m’irrite, du coup, je fais un mauvais geste, je me fais mal, ça me met en colère pour de bon, ce qui déplaît à mon amie, qui me renvoie ma colère en plus fort et ainsi de suite. La galère quoi. De même, j’éprouve une sensation agréable avec une chose, je la veux à nouveau, et plus j’en ai, plus j’en reveux, au point que sa fourniture en devienne une obsession, au point de faire naître en moi l’avidité. Tout ceci ne mène qu’à des ennuis, des malheurs. En restant équanime face à une sensation bonne ou mauvaise, je sais techniquement comment empêcher l’escalade de la haine ou de l’avidité.
Facile à dire ? Remède miracle ? Non. Comme déjà dit, simplement un chemin sur lequel cheminer. Sa caractéristique principale est d’être une technique universelle : pas besoin d’un dieu, d’un rituel, d’une incarnation mais simplement de sa respiration. Une association Vipassana existe dans de nombreux pays(1). Connaître tout ceci m’a vraiment aidé alors je tenais à transmettre l’information, pour celles et ceux qui cherchent et qui galèrent avec ce satané inconscient…
1 – en France, voir https://bit.ly/2ymrLgC
Boudioua





