Fin 2016, je me souviens avoir beaucoup rigolé à la lecture d’un article de presse, relatant la nouvelle trouvaille d’un des plus remarquable bouffon du front national, à savoir l’inénarrable Robert Ménard. Maire de Bézier, le co-fondateur et ancien secrétaire général de reporter sans frontières (1985-2008 ) a décider de se draper de l’écharpe tricolore pour partir en croisade contre tout le mal qui est fait à la France. Difficile de recenser les idées spectaculaires de ce petit bonhomme, laboratoire du front national aux manettes sous les couleurs bleue marine, parce que la dédiabolisation est tout d’abord une entreprise cosmétique. Ce génie avait pris la grave décision de créer un fichier ADN pour les chiens, afin de punir les incivilités qui causent tant de tort aux contribuable, en frais de nettoyage (non mais vous avez vu le prix d’une moto-crotte?) et en frais de prothèses de hanche. Merci Robert, j’ai beaucoup ri, c’est sur qu’au point où tu en es tu va avoir du mal à faire mieux. Seulement, au bout de quelques minutes, les zygomatiques tendus, un arrière goût nauséabond est venu gâcher cette bonne tranche de rigolade. J’ai eu le flash, au bout de quelques minutes, de la couverture d’un petit livre de quelques pages, qui a probablement été lu dans tout les pays ou il subsiste un peu de liberté d’expression. Un petit livre de 11 pages que l’on m’avait conseillé de lire au collège, à l’époque où l’éducation nationale ouvre l’esprit de nos chères petites têtes blondes à la monté du fascisme, du nazisme, la seconde guerre mondiale et autres drame-du-passé-dont-on-doit-se-souvenir-pour-que-ça-ne-se-reproduise-pas. Un petite livre dont la couverture était rayé d’une sorte de croix marron sur fond orangé. Je ne l’avais pas lu depuis des années mais ce souvenir m’a sauté à la gueule comme une tique saute sur le randonneur en forêt. Voici le résumé de Matin Brun, de Franck Pavloff (édition Cheyne) :
Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême : l’État brun. Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros, ni des purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mène collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous ?
Le livre commence par une discussion entre les deux compères, dont le second à du faire piquer son chien parce qu’il n’est pas de la bonne couleur, il n’est pas brun. Les personnages acceptent leurs sorts, quand il s’agit de leurs animaux, jusqu’au moment ou les règles de l’État brun se durcissent pour devenir de plus en plus drastiques et les concerner eux-mêmes. Mais il est alors trop tard.
Quand je jette un œil nauséeux sur la communication de Ménard concernant les migrants, et son style qui m’évoque les années trente, je me dit que se souvenir ne suffit pas, l’histoire et belle et bien en train de se reproduire.
Riton




