
Decrescendo Cantabile : Petit manuel pour une décroissance harmonique de Jean-Claude Besson-Girard, préface de Serge Latouche, L’Aventurine (22 septembre 2005), Collection : L’après-développement
Le livre de Besson-Girard porte une analyse critique sur la période de l’après-guerre qui, avec un peu de recul, n’est peut-être pas si glorieuse. Dans l’euphorie positiviste, nous n’avions pas mesuré ce que le progrès amenait avec lui de « régrès ». Les conséquences commencent à être douloureusement palpables. La dé-civilisation mercantile. Voilà le nom donné à l’engeance qui menace la biosphère et le processus d’humanisation. Le livre est radical et sensible. Il est une invitation à d’autres manières d’envisager notre rapport à la terre et à autrui. Non pas à revenir à l’état sauvage ou cultiver le fantasme de redevenir bête. Au contraire, c’est une proposition politique, utopique et réaliste qui tente de s’inscrire dans un processus, celui de la civilisation. Il propose de renouer avec la capacité de sentir le monde qui nous entoure, l’esthétique au sens étymologique, ainsi que quelques bonheurs oubliés, massivement étouffés par les apparats qui nous ont conformés au confort. Le désir et les dimensions de l’éros sont au cœur de la révolution : une renaissance en lieu et place du travail aliénant et de ses corollaires de l’injonction à produire et consommer jusqu’à en crever. La réalité est celle des sens, et quand elle se dit avec des mots, elle est poésie. Évidement, cela semble parfois un peu naïf, mais ne gâche pas le plaisir d’une prose qui a, justement… du sens.
olivier guevarec





