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La Trousse Corrézienne

LTC 43 · 1 juillet 2022

MONTAGNE LIMOUSINE

MONTAGNE LIMOUSINE — La Trousse corrézienne n°43

Bientôt trois ans que le Syndicat de la a été officiellement créé sur le plateau (voir LTC n° 27). Il marque la volonté des habitants de prendre la main sur l’avenir de leur territoire. Nous avons rencontré Françoise et Benjamin, tous deux très investis et qui nous ont donné des nouvelles de ce bel outil.

– Bonjour Françoise et Benjamin, pouvez-vous nous présenter le syndicat ? Il a commencé à prendre corps pendant la Fête de la Montagne limousine de 2017, mais on en parlait déjà depuis quelques années. De façon générale, sa vocation est de permettre aux habitants du plateau de faire entendre leur voix.

– Benjamin, tu fais partie du groupe Eau. Est-ce que tu peux nous dire d’où est venue l’idée de ce groupe de travail ? Il s’est créé quand il y a eu le transfert obligatoire aux Communautés de communes de la gestion de l’eau potable. On a d’abord travaillé

10 – la trousse corrézienne n °43

LIMOUSINE

Sécurité sociale à son origine était bel et bien celui là : générer du salaire mutualisé pour la protection de tous les travailleurs. Une déclinaison d’aides pour tous les « accidents de la vie » (accidents du travail, maladie, chômage) et les impondérables (famille, vieillesse). Ce qui nous « handicape » dans nos parcours de vie, devait être pris en charge collectivement pour porter ces difficultés ensemble, c’est-à-dire : être solidaires. Dès l’origine, la mise en place a été complexe et les dispositifs ont été attaqués de façon continue, particulièrement sur les quarante dernières années. Parce que cela « coûte », parce que certains ne veulent pas payer pour d’autres et qu’on les entend ou écoute davantage, etc., etc., etc. Si un système de redistribution existe encore, il est perpétuellement remis en cause et surtout il est devenu d’une complexité absurde. L’usager se perd dans les dédales de ses espaces numériques personnels, est confronté en permanence à la froideur de la machine et à

sur la question des régies d’eau, parce que celleci touchait au plus près tous les habitants de la Montagne. Petit à petit on a élargi le spectre. On sentait bien qu’il y avait de gros enjeux, que la question n’était plus simplement de savoir comment l’eau était régie, mais qu’il y avait une vraie pression sur la ressource elle-même ; sur la quantité et la qualité de l’eau.

– Quels sont vos objectifs, vos moyens de réflexions et d’actions ? On essaie d’ouvrir des espaces de discussions, de trouver le moyen d’impulser une culture populaire de l’eau. Parce que le constat qu’on a pu faire, notamment quand on a préparé la Fête dans le chevelu de la Vienne, est qu’il y a un état de relatif abandon de la rivière sur la Montagne, et que des ouvrages parfois relativement conséquents en pierre ont quasiment disparu en l’espace de deux générations. Quand on marche sur une portion de rivière, on comprend que c’est un espace qui était très habité jusqu’à une période récente. La rivière était vraiment au centre de la vie commune ; c’était à la fois une ressource piscicole, ressource motrice pour les moulins, et un vecteur d’autonomie des villages. On voit bien d’ailleurs, dans la disposition même des villages, que chaque village de la Montagne est situé soit près d’une source, soit près d’un ruisseau, soit au bord de la Vienne. Depuis notamment l’apparition des énergies fossiles ou de l’énergie nucléaire, cet espace est relativement abandonné et les usages d’aujourd’hui sont essentiellement des usages de loisirs, donc relativement limités. On peut ainsi planter des sapins ou faire des coupes rases jusqu’au ras de la rivière avec tout l’impact que ça peut avoir sans que personne ne s’en émeuve. En parallèle, on constate qu’on a délégué complètement la question de la rivière et de la ressource en eau à des institutions dont on espère qu’elles vont régler le problème, mais dont on voit bien, à l’épreuve de ces dernières années, que s’il n’y a pas une mobilisation des habitants

la nécessité de remettre sans cesse le papier sur la photocopieuse pour ce document que sans cesse on lui réclame.

Plusieurs d’entre nous, bénévoles rédacteurs, avaient dans l’idée un article portant sur le thème de la solidarité. Nous les avons réunis ici. Ce rassemblement présente de façon (très) partielle des organisations institutionnelles et des associations, d’aide et d’accompagnement en Limousin. Des témoignages croisés rendent compte de la solitude, l’incompréhension, et pour finir la colère vécues par ceux qui, à la recherche de soutien à un moment délicat de leur vie, se heurtent à l’administration. D’autres contributions abordent aussi la diversité de ce qui peut être offert, comme ce que sont les Espaces de vie sociale (voir également LTC n° 40) et comment un collectif (le Syndicat de la Montagne limousine) peut s’organiser pour répondre à des besoins juridiques et se construire collectivement des compétences communes.

et une saisie des enjeux de leur part, elles sont condamnées à faire de la communication ou alors des actions, certes, mais sous la pression de différents groupes, constitués d’intérêts qui sont souvent très loin, ou en tout cas pas suffisamment proches, des intérêts des résidents. On va souvent avoir un groupe lié au monde agricole, un autre au monde industriel, à ceux qui sont sur les productions énergétiques et l’hydroélectricité… Ceci notamment parce qu’on a aussi cette spécificité, là, sur le plateau de Millevaches : d’un côté, un abandon des rivières, mais de l’autre, des rivières qui sont un gros pourvoyeur d’énergie. Elles sont donc transformées en sorte d’acheminement d’eau pour produire de l’hydroélectricité. Ce sont des enjeux forts. Et si le citoyen est trop éloigné de ça, comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui, on laisse alors les différents intérêts trouver leurs accords, souvent au détriment des populations locales.

– Comment s’y prend-on pour développer une culture populaire de l’eau ? On a organisé cet événement au long cours, la Fête dans le chevelu de la Vienne. Le besoin se faisait sentir de faire une espèce d’état des lieux de la situation et d’aller au plus près des habitants, des élus, des usagers de la rivière et de l’eau pour le faire. Partager tous les points de vue sur cette question-là, dans l’idée de publier autour de ça. Parce que depuis un certain nombre d’années, depuis que l’eau coule au robinet, c’est devenu quelque chose d’un peu invisible. On ne sait pas d’où elle vient ni où elle va, on considère qu’elle va toujours affluer, que la rivière coulera toujours dans le même sens. Sauf que là, il y a un certain nombre de choses qui font que ce ne sera pas forcément toujours le cas et qu’il nous faut un peu anticiper ces questions-là. On savait qu’il y avait un certain nombre d’institutions qui se préoccupaient de la question mais personne, en tout cas parmi nous, ne comprenait très bien qui intervenait, à quel endroit,

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Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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