
t. Voire les aventures s’enchaînent. À une vitesse qui m’apparaît vertigineuse et me déstabilise. Cela concerne autant les relations amicales, qui n’en sont finalement pas, que les relations amoureuses. Le manque d’engagement et/ou d’implication dans ces relations apparaît évident.
Je vois autour de moi des personnes qui nouent des relations amoureuses qui ne dureront qu’un temps. Acceptent-elles d’emblée que cette issue rapide soit probable ? Est-ce même l’intention ? Je vis des relations amicales dans lesquelles l’engagement et l’implication de l’autre sont sujets à variations ou s’estompent avec le temps.
Je rêve pourtant de relations à vie, c’est-à-dire a priori pour toujours, « parce que c’est toi, parce que c’est moi », tant sur le plan amical qu’amoureux. Construire une relation qui compte est une ambition qui nous permet de nous dépasser si l’autre est également engagé dans cette démarche. Cela consiste concrètement à créer une troisième entité, le couple, amical ou amoureux, au-delà des deux individus qui la forment.
Je constate beaucoup ce qui me semble de l’individualisme dans la façon dont on considère la relation à autrui, même dans des relations
L’AVENIR par daniel soularue D epuis les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la forêt de résineux, sous l’impulsion d’ingénieurs comme Marius Vazeilles, de Meymac, a connu un essor considérable. Censée se substituer aux landes et coteaux de mauvaise terre ou valoriser des parcelles exiguës ou difficilement accessibles, elle devait assurer un apport financier non négligeable aux petits propriétaires. Soixante ou soixante-dix ans après, cela fonctionne plutôt bien. Las, des terres nobles, faites pour le seigle et le froment, bien placées, bien exposées ; des terres faites pour la prairie si nécessaire à l’élevage des bovins et leurs veaux sous la mère, ces terres-là ont aussi été plantées de résineux. Décidément, la monoculture (et le « mono-élevage ») pour le fric n’arrange ni la vie économique, ni la vie sociale, ni la biodiversité eu égard au devenir de la forêt. Arbres clonés, céréales clonées, prairies artificielles, troupeaux de cent vaches ou de deux-cents moutons ravagent notre culture paysagère. Il y a aussi un autre phénomène, très, très dommageable pour le paysage et, disons-le, pour le bonheur des hommes : durant ces cinquante dernières années, des feuillus se sont mélangés aux résineux et se sont fait une modeste place ; personne ne respectant les injonctions préfectorales à faire de la forêt mixte, dame Nature l’a faite, cette forêt-là, et plutôt mal que bien. Hêtres, chênes, charmes, bouleaux, tilleuls, merisiers, cerisiers, châtaigniers et autres saules et aulnes, noisetiers, alisiers et prunelliers ont conquis ce qu’ils ont pu. Les chênes, les châtaigniers et les hêtres respectés de tous temps par les anciens (exploités aussi, mais intelligemment) ont prospéré sur les bordures de champs, de petites routes, de chemins, et sur de rares parcelles bien gérées. Aujourd’hui le résineux, même en baliveaux, vaut de l’or. Donc l’avenir de cette forêt-là est déjà largement compromis. Il suffit de voir le nombre de semi-remorques chargés jusqu’au haut des ridelles pour s’en convaincre. Néoruraux, paysans, petits propriétaires cèdent au chant des sirènes des marchands de bois, des conseillers sylvicoles et Chambres d’agriculture. Quant aux feuillus de tous âges et de toutes statures, il n’en restera bientôt plus : le new age des poêles à granulés est passé par là ; la cupidité et l’absence de respect du vivant ont fait le
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DU LIÈVRE
supposées proches. Chacun vient prendre ce qui lui convient mais n’est pas prêt à faire des efforts pour s’accorder à l’autre afin de trouver ensemble une harmonie, une intimité, pour
construire un lien fort et profond, inaltérable. Pourtant, une relation amicale ou amoureuse ne peut se satisfaire de l’individualisme. S’engager dans une telle relation, n’est-ce pas de tout son être ? Sinon, est-ce dans l’intérêt bien compris de chacun ? C’est alors désespérant. S’engager dans une relation avec une personne
reste. De gigantesques fagots de ces baliveaux et des montagnes de feuillus gisent sur des talus partout dans nos campagnes. Coupes rases, coupes rases, coupes rases, vous dis-je. Citadins et paysans, vous êtes cocus. On aura au moins le lièvre dans nos taillis.
que l’on aime profondément est certes exigeant ; à moins de se satisfaire d’une certaine superficialité (mais dans ce cas aime-t-on vraiment ?). Mais j’ai l’impression que rares sont les personnes aptes à avoir et à accepter, donc vivre, cette exigence. Qu’est-on prêt à donner de soi ?
L’amitié proche et la relation amoureuse sont le domaine de l’intimité par excellence. Or, selon moi, on ne peut partager son intimité avec de nombreuses personnes, que ce soit simultanément ou successivement. Je crois aussi que la limitation du nombre de ces relations permet l’implication nécessaire, en nous rendant davantage disponible à l’autre, cet autre qu’on aime. De même, l’implication réelle dans une relation ne permet pas, pour des raisons tant pratiques que psychiques, d’en augmenter le nombre au-delà de quelques-unes.
J’évoque ici particulièrement les relations que l’on peut qualifier de privilégiées : relation amoureuse qui l’est par nature (non ?), ou relation amicale qui peut l’être. Des relations qui n’ont rien d’accessoires dans notre vie mais qui en constituent des éléments structurants. Des relations qui se comptent sur les doigts d’une main et qui nous sont essentielles. Suis-je seul à m’engager ainsi ? À les vivre ainsi ? Ou plutôt à ne pas pouvoir les vivre faute de participants ?
17/06/2022 13:12
scope L es couples se font et se défon





