
Local Par BERNAT CHÉKIS De nos jours, les richesses sont siphonnées de plus en plus efficacement rs et mafias politico-économiques bien installés. De l’autre côté du périph ou de la colline nous pouvons observer que la misère, qui s’y développe concomitamment, est « bien » gérée par les systèmes de charité institutionnels instrumentalisés et financés au rabais pour éliminer la Sécu et remplacer les services publics sabotés. Mais, il existe aussi des systèmes associatifs autogérés qui deviennent de plus en plus indispensables, intéressants, et variés. Il y en a pour tous les goûts, des chouettes et des accueillants, des sectaires et fermés et des illuminés, des xénophobes et des bunkérisés… mais… Connaissez-vous le SEL ?
C’est un système très simple, d’échange de savoir, de service, d’entraide, qui peut être très formel avec une association loi 1901 déclarée, avec des comptes précis et des carnets perso pour comptabiliser les échanges avec des « points »/unités ou de temps passé (grains de sel, châtaignes…), selon la nature des offres ou des demandes, regroupées dans un catalogue. Mais le SEL peut aussi être libre, asso de fait non déclarée, et non gestionnaire sans rien compter… et finir par être évanescent et invisible, dissout dans des relations amicales de bon voisinage ou copinage et sans rendez-vous réguliers de points de situation des échanges… Pas très grave, il n’y a rien d’obligatoire ! Pour employer marchande (il n’est pas question d’argent dans les SEL), il s’agit plutôt de besoins (souvent d’urgence) et de compétences offertes. On peut rendre service à qui on veut : il n’y a pas de dette directe et de retour obligatoire à la même personne. Par exemple vous allez piler du bois de chauffage pour Jacqueline au fond d’un cabanon, et plus tard quelqu’un d’autre vous apportera ce qui vous fait défaut ; Michel va vous apprendre à rapiécer un pantalon et vous mettrez à disposition une machine à coudre ! On peut faire le compte des échanges une fois par an par exemple, mais il n’y a pas de compétition, et si quelqu’un donne beaucoup ou au contraire reçoit beaucoup il faut juste établir si cela dérange : 1) la personne concernée, 2) le reste du groupe, et donc si besoin chercher des moyens d’y remédier. Il faut aider une personne à préciser ce qu’elle sait faire, l’accueillir et l’accompagner au début dans ses échanges… C’est de l’éducation populaire, on apprend à se connaître et on transmet, et c’est de l’économie solidaire non marchande, on essaie de s’entraider et, accessoirement, il peut même y avoir une partie « matérielle », des dons d’objets, appareils en état de marche, ou à réparer, recycler ; des vêtements qui ne servent plus, ou en trop, des surplus de récoltes… C’est du « court-circuit » face à la multiplication des sites de vente sur Internet, qui arrivent à tout monétariser alors que ces marchandises ont
Beyssenac Par APRIL O’NEIL
Depuis l’annonce de l’installation d’un Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), les coins sont en émois. J’entends partout parler de revitalisation, d’attractivité, il faudrait faire venir des jeunes, des familles dans nos contrées que l’exode rural a essorées, vidées. Mais quand il s’agit d’accueillir que ce soit des jeunes, des vieux, des handicapés, des migrants, des exilés, des néo-ruraux, c’est toujours pareil, on essaie d’éviter, d’esquiver,
une terminologie
déjà été payées ! Et qui induisent des millions de connexions, de messages numériques et du transport, c’est-à-dire de l’énergie gaspillée. Pour rien, en fin de compte ! L’argent gagné d’un côté va servir à acheter autre chose, d’accord. Eh bien les SEL le font localement en direct et sans argent !
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Les SEL existent en France depuis près de 30 ans
Le 1 er est né en Ariège en 1994 1 . Aujourd’hui, 841 sont référencés dans notre pays 2 . Quatre en Corrèze, surtout dans le sud du département… mais plusieurs ne donnent plus signe de vie. « Échanges de châtaignes a été le 1 er SEL créé en Corrèze, en 1997 », nous dit François, un des fondateurs, habitant Sainte‐Fortunade. « C’était dès le départ une association de fait, avec une comptabilité des échanges, en « châtaignes » donc. Mais au début des années 2000, foin de la gestion, envie d’arrêter de singer l’argent : nous sommes partis sur le don total. L’intérêt pour ce système est toujours aussi fort, aujourd’hui : c’est un supplément d’âme à nos dons et échanges, un véritable apprentissage… »
de se protéger, de contrôler, de limiter, de cadrer. Qu’est ce qui fait de nous des Français, des locaux, des Corréziens au début sinon un pur hasard à la sortie du vagin ? Il se dit que La Mandrie, où sera installé le CADA, a eu du mal à trouver un acheteur. On ne choisit pas ses voisins, comme on ne choisit pas sa famille, et si on choisissait ça ne garantirait rien, il y a des cons partout.
Son nom actuel est le SEL des croissants. Il fonctionne avec une liste-mail de diffusion et un catalogue, tous deux en cours de réactualisation/mise à jour. Il existe des petites sœurs du SEL
SEL de terre a été créé spécialement en Corrèze pour booster l’esprit SEL au sein de l’activité jardinage, et de multiples groupes existent dans le département, très divers quant à leur orientation : partage de semences, permaculture, économie de l’eau, aménagements citadins, apiculture… Un site Internet a été créé mais un peu trop lourd il est peu utilisé et finalement en cours de fermeture.
La Route des SEL 3 est un système d’hébergement solidaire, qui existe depuis une quinzaine d’années ; Annick, responsable locale, précise : « Il faut impérativement être inscrit dans un SEL pour être adhérent à La Route des SEL. La vérification est systématique auprès du correspondant local. Il n’est pas question d’argent, et plusieurs formules sont laissées à l’arbitrage de l’hébergeur : cela va de la chambre au studio, de la maison au jardin à camper ; idem pour le nombre de nuitées, les repas ou non, les draps, les animaux domestiques… il peut y avoir aussi des échanges de maison ou du gardiennage… Ce qui est important, c’est l’état d’esprit, le partage sur les pratiques et sur le pays : faire connaissance, tout en se respectant, c’est enrichissant. »
Chouette le SEL ! Le collectif, les apprentissages à n’importe quel âge, les échanges… Et si vous n’en avez pas un près de chez vous, eh bien créez-le !
Voir l’article sur le site Internet Wikipedia. 1 Le site Internet annuairedessel.org présente une 2 carte de France avec les 841 SEL et leurs contacts. Certains sont sans doute en sommeil et d’autres non déclarés… Voir route-des-sel.org. 3
11 – LA TROUSSE CORRÉZIENNE N° 46
nos amis milliardaires et autres voleu





