Les mauvaises manières d’Enedis
À Tulle, suite aux travaux d’un groupe de travail ad hoc constitué au sein de la mairie par le maire Bernard Combes, le conseil municipal du 4 juillet 2017 a voté une « motion demandant un moratoire sur le déploiement des compteurs Linky ».
Savez-vous que la municipalité de Tulle a reçu une demande d’ENEDIS de retrait de cette motion, sous la forme d’un recours gracieux1 ?
Savez-vous qu’ENEDIS a annoncé l’annulation de sa participation financière à l’organisation du festival Du Bleu en hiver suite au vote de cette motion1 ?
Pourtant, cette motion n’a aucune portée juridique. Seule une délibération aurait eu cette portée. Mais le maire a refusé de créer une situation conflictuelle avec la préfecture. Cette dernière aurait probablement mis en œuvre une procédure administrative visant à faire annuler cette délibération. Mais c’est une autre histoire, celle du courage politique.
Ces décisions d’ENEDIS en disent long sur sa volonté de passage en force, sur son sentiment d’impunité, elle qui ne respecte pas les recommandations de la Cnil quant au respect de la vie privée1 – Cnil pourtant laxiste sur le sujet –, qui installe des compteurs occasionnant une perturbation de l’environnement sans qu’ait été organisée une consultation du public pourtant légalement requise dans ce cas1.
À cela s’ajoutent les pratiques du sous-traitant portugais Painhas, maniant mensonge, ruse et force1, pour installer coûte que coûte les compteurs (ou « capteurs » de données). En effet, ENEDIS a mis en place, en sus du paiement à la tâche, un complément de rémunération dont la logique s’avère malsaine : le sous-traitant perçoit une prime pour l’installation d’un compteur considéré comme difficile, c’est-à-dire lorsque l’occupant du logement a manifesté un refus. Ce qui incite à tous les abus.
Face à ce constat, on s’interroge sur l’intérêt, sinon symbolique, d’avoir voté une simple motion. Et sur l’éthique des dirigeants d’ENEDIS qui passent outre un avis municipal2 et usent d’intimidation et de représailles.
1 – Information recueillie lors de la réunion publique organisée le 27 septembre par le collectif Linky Gazpar et Cie, collectif de défense des usagers de Tulle et de son agglomération (https://antilinkygazpareau19.wordpress.com/).
2 – Seule une délibération aurait été considérée comme une volonté.
Alors, au final ?
Nous avons tous le droit absolu
et légal de refuser le capteur Linky
et d’empêcher sa pose chez nous.
Seule l’ignorance de l’usager ou la violence des poseurs peut permettre l’installation. Il est important de le savoir car le droit au refus ne s’appuie plus aujourd’hui sur des rumeurs.
Le Collectif Linky, Gazpar et Cie, comme plus de 200 collectifs anti-Linky de France, a rassemblé et possède aujourd’hui une « bibliothèque » de documents, de vidéos et de références fiables pour répondre aux allégations tronquées d’ENEDIS et aux procédés inacceptables des poseurs.
À ce jour, 445 communes ont exprimé leur refus d’installation ou interdit la pose sur leur territoire. Des procès sont en cours. Le cabinet d’avocats d’Artemisia est à la tâche à Paris et Toulouse. D’autres procédures ont déjà eu lieu qui ont donné raison aux habitants et débouté ENEDIS.
L’espoir nous a donné raison d’avancer car ENEDIS aujourd’hui ne sait plus comment réagir. Après l’arrogante campagne de mensonges, les recours à la violence, les intimidations par lettre, les menaces envers ceux qui résistent, montrent combien ils se sentent aujourd’hui démasqués.
Notre société, si elle veut rester humaine, ne doit pas s’inféoder à la vague transhumaniste qui s’insinue dans nos écoles avec les enseignements connectés, dans nos villes et villages avec les smart-cities, les puces RFID implantés dans nos appareils et peut-être le puçage obligatoire de nos corps si l’on ne réagit pas.
L’internet des objets passe aussi par le Linky. Le maintien de la démocratie passe par son refus.
Vous trouverez les lettres de refus à adresser à ENEDIS et à vos élus sur le site d’Artemisia (voir plus bas). Le Collectif de Tulle peut aussi vous fournir un « Kit de refus » par mail si vous le souhaitez.
Adresses et plus…
– Le Collectif Linky, Gazpar et Cie pour la défense des usagers de Tulle et son agglo, c/° Corrèze Environnement, 2 rue de la Bride, 19000 Tulle – Mail : antilinky19@riseup.net et site : http://bit.ly/2hgNLM9
– Le site-référence de Stéphane Lhomme : http://refus.linky.gazpar.free.fr
– Cabinet d’avocats Artemisia :
– La journaliste Annie Lobé :
– L’association Robin des Toits :
– L’ONG Next-Up : http://www.next-up.org
– Sans oublier un petit opuscule formidable et plein d’humour pour voir et comprendre les ressorts cachés du Linky : Sexy, Linky ? de Nicolas Bérard, 4 € aux éditions L’âge de faire.



