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La Trousse Corrézienne

LTC 14 · 8 septembre 2017

Le souci

Le souci, Calendula officinalis : l’illustration botanique

Le passant du « Sans souci » … Connu aussi sous les noms de :

HISTORIQUE

Le mot souci qui désigne le tracas n’a pas la même origine que le mot qui nomme la plante. Pour le premier l’origine latine : sollicitare signifie « tourmenter préoccuper » alors que pour le second l’origine latine populaire : sol sequia ou solsequier veut dire « suit le soleil », en effet la plante imite le soleil en ouvrant ses pétales quand ce dernier se lève, mais aussi en les fermant quand il se couche. Le souci est connu depuis l’Antiquité que ce soit en Égypte, en Grèce, dans la Rome Antique, et par les civilisations indiennes ou arabes. Il était utilisé dans l’artisanat comme teinture pour les textiles, en cuisine comme « safran des pauvres » et aussi en cosmétologie. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il sera employé en médecine. Hildegarde de Bingen (1098-1179) dans ses écrits nous apprend qu’elle préconise le souci contre la teigne du cuir chevelu et pour soigner la peau. Albertus Magnus (1200-1280 ?) note son côté cicatrisant, son efficacité pour les troubles de l’intestin, du foie, pour les piqûres d’insecte et les morsures des serpents. C’est le médecin Pierre-André Mathiole (1500-1577 ?) de l’école de Salerne qui, le premier, le préconise pour soigner les inflammations de l’œil. Le docteur François-Joseph Cazin de Boulogne-sur-mer (1788-1864) écrit : « si les anciens ont exagéré les vertus du souci, les modernes le déprécient trop ». Le souci sauvage est devenu rare, quand on en rencontre hors des jardins c’est souvent une graine qui s’en est échappée. La légende nous murmure que si nous tressons des fleurs de souci et que nous les installons sur nos portes, elles empêcheront le mal d’entrer.

DÉTERMINATION

Le souci officinal est une plante annuelle de 30 à 50 cm de hauteur. Sa tige dressée porte des feuilles épaisses, vert clair, celles du bas sont spatulées et celles du haut lancéolées. Les capitules terminaux vont du jaune à l’orangé vif

SOUCI DES JARDINS, FLEUR DE TOUS LES MOIS, FLEUR DE CALENDULE, SOUCI DU POÈTE.

et sont très lumineux, ils sont formés d’une couronne double de fleurs en languettes et d’un cœur de fleurs en tubes. Le souci fleurit de la fin du printemps à l’automne. Le fruit est un akène courbe couvert d’aspérités. confusion possible : Certains confondent le souci avec la tagette, de la même famille que les œillets d’Inde, mais encore une fois l’observation et la prudence sont les priorités avant de cueillir et d’utiliser des plantes. culture et récolte Le souci doit en principe se ressemer tous les ans à l’automne ou au début du printemps : c’est une annuelle, mais souvent elle se ressème toute seule, il suffit de prélever délicatement les plans et de les repiquer à l’endroit qui nous sied. Les fleurs se récoltent par temps sec, en juin-juillet quand elles sont bien épanouies et surtout quand les feuilles ne sont pas atteintes par l’oïdium. Il faut ensuite les mettre à sécher sur des claies dans un endroit ombré, sec et ventilé. Les fleurs doivent garder une belle couleur orangée qui est signe d’un bon séchage. Il ne faut conserver, dans un bocal en verre, que les fleurs en languette.

UTILISATIONS médicinale Comme pour toutes les plantes, le principe de précaution doit s’appliquer aux femmes enceintes et aux nourrissons. Il est aussi utile de rappeler que les plantes ne sont pas sans danger, qu’il faut agir avec prudence et ne pas multiplier les doses préconisées. Pour le souci, seules les fleurs sont utilisées pour leurs principes actifs : les lactones terpéniques qui sont des anti-inflammatoires naturels, les carotinoïdes des cicatrisants, et les huiles essentielles des antibacteriens ; les flavanoïdes sont des colorants, mais comme la saponine et les polysaccharides ils stimulent le système immunitaire. ## ATTENTION l’utilisation du souci en usage externe est sans restriction, MAIS pour son usage interne, il est bon de prendre conseil auprès d’un médecin ou d’un herboriste qualifié et diplômé.

Du papier, des crayons, pas de pubards.

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