Semaine pour les alternatives aux pesticides
Pas de mystères ! L’usage des pesticides et substances chimiques de synthèse présentes massivement dans notre agriculture, est un problème tant environnemental qu’humain. Étant citoyens de ce beau pays qu’est la France, nous aurions déjà de quoi rougir. Nos rêves de grandeur sont exhaussés, nous sommes premier utilisateur de pesticides en Europe et médaille de bronze sur le podium mondial ! Cocorico, 90 % des pesticides existants en France sont utilisés dans l’agriculture. Ne sommes nous pas un bel exemple !
Les très nombreux adjuvants, indispensables à l’efficacité réelle de ces produits, sont considérés comme inertes et protégés par le secret industriel. Or les tests récents effectués par l’équipe de Gilles-Eric Séralini, professeur à l’université de Caen en biologie moléculaire, chercheur sur les effets des pesticides, de différents polluants, et des OGM sur la santé, mettent en évidence une dangerosité accrue de ces produits dans leur formule globale, tels qu’ils sont commercialisés et utilisés. L’impact des pesticides sur la santé des abeilles est probablement largement sous-estimé et ne se limite pas aux néonicotinoïdes contre lesquels, à juste titre, les apiculteurs se sont largement mobilisés. Qu’en est-il de notre santé dans ce milieu ?
C’est bien en France qu’est instauré la semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP), existante depuis 2006, et qui aura lieu cette année du 20 au 30 mars, 10 premières journées de printemps. Cette période est pour les agriculteurs conventionnels celle de l’épandage… de pesticides ! Et cela fait bientôt 10 ans et cette semaine est maintenant présente dans 27 pays autour du monde parmi lesquels : la Belgique, le Portugal, le Mali, le Costa Rica, le Mexique, le Vietnam… Une occasion pour nombre d’associations de créer des événements autour de cette prise de conscience. Portes ouvertes de fermes, ballades, trocs, formations, ateliers et spectacles vous attendent. Occasion également pour bon nombre de particuliers qui font usage de ces poisons dans leurs jardins fleuris et potagers pour changer de pratique.
Journée à Allassac (Corrèze)
Une occasion pour Allassac ONGF, association Limousine, qui propose depuis 2005 des activités pour sensibiliser et proposer des alternatives à ce véritable fléau.
En cette année 2015, rendez-vous dès le matin du dimanche 29 mars, pour une présentation d’agriculteurs biologiques et autres acteurs de cette filière. Vous pourrez parcourir un marché bio à Allassac. Rendez-vous également à 10h30 pour une conférence sur les pesticides suivie d’une grande marche citoyenne débutant à 14h30. Pour plus d’informations : http://www.semaine-sans-pesticides.fr/ et http://www.ongf.org/.
Pour approfondir le sujet, on vous propose
côté cinématographique : « La mort est dans le pré », réalisé par Eric Guéret sorti en 2012.
côté littérature : un ouvrage récent de Gilles-Eric Séralini et Jérôme Douzelet, « Plaisirs cuisinés ou poisons cachés », Collection Domaine du Possible-Actes Sud – 2014
« Depuis des décennies, les sciences s’invitent dans nos assiettes. Cet ouvrage va maintenant leur demander de se mettre à table. Les industries internationales ont systématisé l’emploi de substances chimiques, depuis leurs épandages dans les champs, en passant par l’élevage, les transformations, les conditionnements et la distribution de notre nourriture. Si les polluants biologiques présents dans notre alimentation n’ont quasiment plus de secret pour nous aujourd’hui – tout restaurant se doit de suivre méticuleusement les règles d’hygiène bactérienne nécessaires et contrôlées pour leurs effets connus. Les autorisations de ces produits masquent à la société les savoirs sur tous les problèmes sanitaires que ces nouveaux contaminants alimentaires peuvent engendrer. »
À voir aussi, le dossier central du n°75 « Nourrir le monde sans pesticides » du Lot en Action. Les anciens numéros sont téléchargeables gratuitement sur http://www.lelotenaction.org/.
Le soleil se lève, cocorico (bis) sur le champs des possibles, souhaitables et nécessaires. N’arrêtons pas, pendant les 355 jours restants, de chanter plus haut et plus fort pour un monde sans pesticides.
lr et côme




