
Lumière du soir
Quand la rosée fait éclore les bourgeons la veille fermés
Quand le champ d’aurore s’étend tel l’écho dans la vallée
Avec le fourreau sur l’horizon tout de vermeil teinté
Cette brume de l’éveil révélant la future clarté
Qu’enfin au soir le soleil s’en aille avec la brillance.
Oh douce caresse de s’en aller le cœur léger.
La tête libérée de tout tracas, de tout méfait
Le corps détendu quand le sommeil se fait arriver
Les yeux infiniment lourds de paupières à se fermer
Que dans sa profondeur s’endormir est délivrance.
Liberté, l’être assoupi s’évadant pour tout laisser
S’engourdir quelques heures veloutées, bercé par Morphée
Quand le rêve se fait sans retenue de toute pensées
Pour préparer écorchures et faiblesses tant endurées
A laisser place un bref instant le mal dans l’ignorance.
Quand le repos quotidien deviendra éternité
N’oublies, mon bel ami, que ton passage a peu duré
Qu’il me reste encore la lumière de toi que j’ai gardée
Pour que, quand le chant du jour, le soir tombé, aura cessé
Le soleil s’éteigne laissant place à ta brillance
Julia C.
Le cri du souffre
Je t’ai vue dévaler la place en titubant comme une vieille nonne agonisante et tomber dans l’égout qui s’agitait sous ton cul.
Et de la fenêtre, je l’ai vue celle qui t’a jeté son seau d’eau fangeuse à la tête.
Te restait-il seulement une tête à cet instant ?
Tu rugissais les mots qui déchirent en direction du monde des élégants.
Tu ne voyais pas que les gens riaient…
Tu mélangeais leurs farces cyniques à tes mains qui creusaient le goudron.
Je l’ai vu celui qui pleurait parce qu’il se nourrissait des mêmes affres.
Les couteaux obséquieux qui sortaient de la gorge des gens se plantaient sur tes cris comme on étouffe l’enfant aux mains sales.
J’aurais voulu leur dire tout l’amour que tu ne leur réclamais même plus.
Ont-ils simplement vu l’être que tu renvoyais par terre ? Ont-ils vu l’âme ?
…
Un ver glisse d’entre tes doigts ; il vient percer l’anneau de chair.
À l’endroit des vivants les gens ont peur ; ils n’ont de cesse de cracher sur ton ventre et fuient devant tant d’espace.
Monsieur, s’il vous plait !
Voyez ces pieds nus qui remuent leur souffrance
Et se noient dans une flaque d’eau.
Monsieur, s’il te plait !
Referme la porte et va gueuler ta haine par
Dessus le mur de ton prétendu savoir !
Ne reviens pas voir ceux qui te supplient.
Ne reviens plus faire semblant !
…
J’ai envie de m’asseoir un peu avec toi dans la boue qui t’entoure…
… par Johan
Il y a là des moments d’hésitation La stupeur prend mon coeur Et cogne les secondes qui tombent. Aujourd’hui, il fait beau demain, le chant reprendra et montons-nous toute la vie vers un ciel bleu accueillant ?
Il y a là des gens qui croient en une forme mystique Réussite. Toujours en quête de gravir des escaliers en argent et or pour distinguer et tirer une fleur rouge de son pré.
Il y a là une folle idée des idées fixes qui sont faites pour déstabiliser le fou aux pensées floues et écrabouillées en pâté qui ne demande que l’amour.
Il y a là une absence, un vide blanc noir, muet et sans formes auquel rien ne peut être accroché.
Il y a là des étoiles qui brillent dans la nuit sans nuages points lumineux fixes et légers dans nos regards pierres flamboyantes en course effrénée dans l’univers.
Il y a là une encre noire qui coule sur la feuille pour ne rien dire que toute la vérité faussée.
Kaïda Mohabit
Kaïda Mohabit
Disparue de sa terre
Elle quitte père et mère
Partir de là où elle erre
Elle a vendu son âme
Juste pour de l’espoir
Mieux que la pluie de larmes
La seule pluie du soir
Kaïda Mohabit
C’est le rêve au grand jour
de toute une famille
Elle s’envole par amour
Rêve lourd à porter
Acheté à prix d’or
Elle voudrait l’oublier
Elle s’envole, elle s’endort
Kaïda Mohabit
Perdue sur le tarmac
Elle est pétrie de trac
Elle ne sait où aller
Aux pieds le goudron bleu
La neige blanche aux cieux
Un rideau merveilleux
Elle a les larmes aux yeux
Kaïda Mohabit
N’a pas longtemps rêvé
Traquée par les condés
Des jardins aux pavés
Elle se joue des papiers
Elle se joue des contrôles
Mais le jeu n’est pas drôle
Le rêve s’est cauchemardé
Kaïda Mohabit
Cherche à gagner sa vie
De trottoirs en trottoirs
Elle le fait chaque soir
Habillés de velours
Sous des masques, des vautours
Enlacent ses beaux charmes
Pour un plaisir sans âme
Kaïda Mohabit
Quand les condés la trouvent
C’est une femme décrépite
Avec un cœur de louve
Puis elle est enfermée
Et même si elle a chaud
Elle veut sa liberté
A y laisser sa peau
Kaïda Mohabit
Avis de reconduite
Libérée de ses fers
Pour aller en enfer
Elle s’enfuit dans la nuit
Court et vole dans la neige
Puis s’affale sans un bruit
Immobile comme un ange
Kaïda Mohabit
N’a pas eu le bonheur
De trouver l’âme sœur
Et n’a pas de sauveur
Dans le froid elle s’endort
Sous la neige est la mort
Moi l’inconnu je pleure
Un bout de moi qui meurt
Phil, 2006
Nuit magique
Dans la lumière crépusculaire d’une nuit d’été,
Je rêverai devant les flots argentés ;
Je sentirai sur ma peau les embruns humides,
Des vagues moutonneuses s’allongeront, fluides.
La clarté lunaire de cette nuit m’enlacera,
Le vent léger, doucement guidera mes pas.
J’irai vers les fenêtres aux lueurs opalines,
Elles chuchoteront : « viens ! »…Je rentrerai tranquille.
Brigduf





