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La Trousse Corrézienne

LTC 9 · 4 novembre 2016

Le p’tit coin

L'œil du p'tit coin

Lumière du soir

Quand la rosée fait éclore les bourgeons la veille fermés

Quand le champ d’aurore s’étend tel l’écho dans la vallée

Avec le fourreau sur l’horizon tout de vermeil teinté

Cette brume de l’éveil révélant la future clarté

Qu’enfin au soir le soleil s’en aille avec la brillance.

Oh douce caresse de s’en aller le cœur léger.

La tête libérée de tout tracas, de tout méfait

Le corps détendu quand le sommeil se fait arriver

Les yeux infiniment lourds de paupières à se fermer

Que dans sa profondeur s’endormir est délivrance.

Liberté, l’être assoupi s’évadant pour tout laisser

S’engourdir quelques heures veloutées, bercé par Morphée

Quand le rêve se fait sans retenue de toute pensées

Pour préparer écorchures et faiblesses tant endurées

A laisser place un bref instant le mal dans l’ignorance.

Quand le repos quotidien deviendra éternité

N’oublies, mon bel ami, que ton passage a peu duré

Qu’il me reste encore la lumière de toi que j’ai gardée

Pour que, quand le chant du jour, le soir tombé, aura cessé

Le soleil s’éteigne laissant place à ta brillance

Julia C.

Le cri du souffre

Je t’ai vue dévaler la place en titubant comme une vieille nonne agonisante et tomber dans l’égout qui s’agitait sous ton cul.

Et de la fenêtre, je l’ai vue celle qui t’a jeté son seau d’eau fangeuse à la tête.

Te restait-il seulement une tête à cet instant ?

Tu rugissais les mots qui déchirent en direction du monde des élégants.

Tu ne voyais pas que les gens riaient…

Tu mélangeais leurs farces cyniques à tes mains qui creusaient le goudron.

Je l’ai vu celui qui pleurait parce qu’il se nourrissait des mêmes affres.

Les couteaux obséquieux qui sortaient de la gorge des gens se plantaient sur tes cris comme on étouffe l’enfant aux mains sales.

J’aurais voulu leur dire tout l’amour que tu ne leur réclamais même plus.

Ont-ils simplement vu l’être que tu renvoyais par terre ? Ont-ils vu l’âme ?

…

Un ver glisse d’entre tes doigts ; il vient percer l’anneau de chair.

À l’endroit des vivants les gens ont peur ; ils n’ont de cesse de cracher sur ton ventre et fuient devant tant d’espace.

Monsieur, s’il vous plait !

Voyez ces pieds nus qui remuent leur souffrance

Et se noient dans une flaque d’eau.

Monsieur, s’il te plait !

Referme la porte et va gueuler ta haine par

Dessus le mur de ton prétendu savoir !

Ne reviens pas voir ceux qui te supplient.

Ne reviens plus faire semblant !

…

J’ai envie de m’asseoir un peu avec toi dans la boue qui t’entoure…

… par Johan

Il y a là des moments d’hésitation La stupeur prend mon coeur Et cogne les secondes qui tombent. Aujourd’hui, il fait beau demain, le chant reprendra et montons-nous toute la vie vers un ciel bleu accueillant ?

Il y a là des gens qui croient en une forme mystique Réussite. Toujours en quête de gravir des escaliers en argent et or pour distinguer et tirer une fleur rouge de son pré.

Il y a là une folle idée des idées fixes qui sont faites pour déstabiliser le fou aux pensées floues et écrabouillées en pâté qui ne demande que l’amour.

Il y a là une absence, un vide blanc noir, muet et sans formes auquel rien ne peut être accroché.

Il y a là des étoiles qui brillent dans la nuit sans nuages points lumineux fixes et légers dans nos regards pierres flamboyantes en course effrénée dans l’univers.

Il y a là une encre noire qui coule sur la feuille pour ne rien dire que toute la vérité faussée.

Kaïda Mohabit

Kaïda Mohabit

Disparue de sa terre

Elle quitte père et mère

Partir de là où elle erre

Elle a vendu son âme

Juste pour de l’espoir

Mieux que la pluie de larmes

La seule pluie du soir

Kaïda Mohabit

C’est le rêve au grand jour

de toute une famille

Elle s’envole par amour

Rêve lourd à porter

Acheté à prix d’or

Elle voudrait l’oublier

Elle s’envole, elle s’endort

Kaïda Mohabit

Perdue sur le tarmac

Elle est pétrie de trac

Elle ne sait où aller

Aux pieds le goudron bleu

La neige blanche aux cieux

Un rideau merveilleux

Elle a les larmes aux yeux

Kaïda Mohabit

N’a pas longtemps rêvé

Traquée par les condés

Des jardins aux pavés

Elle se joue des papiers

Elle se joue des contrôles

Mais le jeu n’est pas drôle

Le rêve s’est cauchemardé

Kaïda Mohabit

Cherche à gagner sa vie

De trottoirs en trottoirs

Elle le fait chaque soir

Habillés de velours

Sous des masques, des vautours

Enlacent ses beaux charmes

Pour un plaisir sans âme

Kaïda Mohabit

Quand les condés la trouvent

C’est une femme décrépite

Avec un cœur de louve

Puis elle est enfermée

Et même si elle a chaud

Elle veut sa liberté

A y laisser sa peau

Kaïda Mohabit

Avis de reconduite

Libérée de ses fers

Pour aller en enfer

Elle s’enfuit dans la nuit

Court et vole dans la neige

Puis s’affale sans un bruit

Immobile comme un ange

Kaïda Mohabit

N’a pas eu le bonheur

De trouver l’âme sœur

Et n’a pas de sauveur

Dans le froid elle s’endort

Sous la neige est la mort

Moi l’inconnu je pleure

Un bout de moi qui meurt

Phil, 2006

Nuit magique

Dans la lumière crépusculaire d’une nuit d’été,

Je rêverai devant les flots argentés ;

Je sentirai sur ma peau les embruns humides,

Des vagues moutonneuses s’allongeront, fluides.

La clarté lunaire de cette nuit m’enlacera,

Le vent léger, doucement guidera mes pas.

J’irai vers les fenêtres aux lueurs opalines,

Elles chuchoteront : « viens ! »…Je rentrerai tranquille.

Brigduf

L'arbre en couleurs du p'tit coin

Du papier, des crayons, pas de pubards.

Le papier, c'est encore mieux.

C'est bien de nous lire sur ton mobile. Mais la Trousse papier, c'est autre chose : 5 numéros par an, écrits et dessinés en Corrèze, postés chez toi.

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